Alors que l’installation d’un cirque exhibant des animaux sauvages agite les Vauréens — chacun y allant de son indignation, de sa nuance ou de ses états d’âme — un silence demeure assourdissant : celui de l’opposition municipale, « La gauche construit l’avenir de Lavaur », et de ses satellites, étrangement muets.
Attend-elle que l’opinion locale lui souffle le sens du vent avant de s’exprimer ?
Ou, plus vraisemblablement, pratique-t-elle l’art ancestral de l’autruche politique : la tête dans le sable, le reste dans le vide, et surtout aucune idée à l’horizon.
Ce mutisme récurrent n’est pas un simple détail ; c’est un symptôme.
En 2025, une opposition sans répartie, c’est une démocratie locale qui bégaie, qui se désagrège, faute de contradiction et de propositions.
Rappelons-nous : en début d’année, le maire, avec l’assurance qu’on lui connaît, a publiquement accusé la cheffe de l’opposition d’être responsable de la flambée des primes d’assurance, rien que ça !, pour avoir signalé des consultations infructueuses.
Coût estimé selon lui : 100 000 €.
À ce stade, ce n’est plus une accusation, c’est une performance olympique d’exagération.
On aurait pu s’attendre à une réplique cinglante, des faits, des chiffres, un démenti, que sais-je : un sursaut.
Mais non. L’intéressée s’est tassée sur son siège, comme à son habitude, et a laissé la charge lui glisser dessus sans un mot. Silence radio.
Pourtant, il était simple de rappeler la réalité nationale : les communes partout en France voient leurs assurances exploser ; et à Lavaur, l’effet Bel Air amplifie la note, avec plus de 5 000 m² supplémentaires à assurer.
L’équivalent de… la Cathédrale Saint-Alain et de la halle d’Occitanie réunies. De quoi justifier une hausse sans recourir à un bouc émissaire.
Mais non : l’opposition s’est tue. Encore.
Lors du dernier conseil municipal, quand le maire s’est soudain drapé d’un manteau écologiste en invoquant « l’importance de la transmission », on rêvait d’entendre la cheffe de l’opposition compléter :
« La transmission des dettes, de la démocratie qui s’étiole, du Chai des Clauzades laissé à l’abandon, de l’ancienne piscine dont il ne reste qu’un trou dans la mémoire collective… »
Mais là encore : rien. À croire que la couleuvre municipale est devenue son plat préféré.
Alors, fallait-il vraiment s’étonner que sur le dossier du cirque de la honte, cette opposition fantomatique ait choisi, une fois de plus, la voie du silence ?
À force de s’effacer, elle ne s’oppose plus : elle disparaît.

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