L’arbre qui cache la forêt. Il nous l’a faite. Carayon a sorti de son chapeau une liste « apolitique ». Apolitique… mais dirigée par un homme encarté à l’UDR, dirigeant même ! Un détail sans doute. Sauf que le Conseil d’État, qui, lui, n’a pas l’habitude de faire dans la poésie, vient de classer officiellement l’UDR à l’« extrême droite » sur l’échiquier politique. C’est factuel. C’est écrit. C’est publié. Le journal Le Monde le rappelle d’ailleurs très calmement : la plus haute juridiction administrative a confirmé la classification de l’UDR, le parti d’Éric Ciotti, à l’« extrême droite » pour les municipales 2026. Apolitique, donc. Il faut reconnaître une chose : le tour de passe-passe est élégant. On enlève l’étiquette sur la vitrine… mais on garde le produit à l’intérieur. Et les colistiers ? Allons. Personne ne peut sérieusement prétendre qu’ils ignorent la ligne de leur chef de file. Le management Carayon est suffisamment limpide : vous êtes d’accord… ou vous êtes...
« Lavaur l’heureuse » — autoritarisme et dérive Avec le maire sortant, la gouvernance n’est pas une méthode, c’est un régime. Trente ans de pouvoir sans partage ont produit ce qu’ils produisent toujours : la verticalité, la confusion entre la ville et l’homme, entre l’institution et l’ego. Ici, tout part du sommet. Les projets ne naissent pas du débat, ils descendent du bureau du maire. Le conseil municipal n’est pas un lieu de délibération, c’est une chambre d’enregistrement. On peut parler, parfois. Décider, jamais. La mécanique est immuable : J’ai une idée. J’impose. J’annonce. J’exécute. Puis j’ai une autre idée. J’enterre la première. Et quand ça coince, j’emprunte. Ce n’est pas de la gouvernance, c’est de l’occupation du pouvoir. Et ce type de fonctionnement n’est jamais neutre politiquement. Quand le pouvoir se personnalise, il se raidit. Quand il se raidit, il cherche des appuis idéologiques qui lui ressemblent : simples, durs, sans contre-pouvoirs. Le glissement vers la ...