À Lavaur, la démocratie semble avoir pris un sérieux coup de vieux. Le dernier conseil municipal nous aura offert un spectacle assez édifiant : une démocratie locale où la majorité semble parfois considérer que l'opposition n'est pas là pour s'exprimer, mais pour apprendre à se taire. Il faut le dire. Et le dire clairement. Parce qu'à force de détourner les yeux, de minimiser, de trouver des excuses ou de faire semblant de ne pas voir, on finit par considérer l'inacceptable comme une simple habitude municipale. Alors soyons très clairs. Je ne suis pas un militant de « Changeons Lavaur ». Loin de là. Très loin même. Je ne partage ni leurs thèses, ni leurs analyses, ni nécessairement leurs raisonnements ou leur lecture des chiffres. Et alors ? C'est précisément là que commence la démocratie. Je n'ai pas besoin d'être d'accord avec quelqu'un pour défendre son droit à parler. Et c'est précisément là que le bât blesse. Premier épisode : le procès...
Une réunion du conseil municipal terriblement mortifère pour la démocratie. Il y avait quelque chose de particulièrement ignoble, mercredi soir, au conseil municipal de Lavaur. On y a découvert une nouvelle compétence municipale : le contrôle de la pensée et, accessoirement, de ce que l'opposition est autorisée à écrire. Rien que ça. Un conseiller s'est en effet livré à un étonnant exercice : dénoncer, avec le plus grand sérieux, un tract distribué le samedi sur le marché par des militants de la liste « Changeons Lavaur ». Mensonger ? Malhonnête ? Faux ? Peut-être. Mais voilà un petit détail qui semble avoir échappé à notre nouveau procureur de la pensée municipale : dans une démocratie, ce n'est pas au conseiller municipal de décider ce que l'opposition a le droit d'écrire. Si une affirmation est fausse, celui qui la publie en assume la responsabilité. Devant les électeurs. Et, le cas échéant devant la justice. Mais certainement pas devant la commission municipale...