La gauche… en marche arrière
Le communiqué de presse annonçant le lancement officiel de la campagne municipale de la liste se réclamant de la gauche a eu au moins un mérite : il confirme ce que tout le monde pressentait déjà.
Cette gauche-là est née fatiguée.
Moribonde avant même d’avoir existé, la liste « La gauche construit l’avenir de Lavaur » est priée de sortir par la porte de service, poussée dehors par une enseigne fraîchement repeinte : « Changeons Lavaur ».
Changer l’enseigne, donc.
Le contenu, on verra plus tard.
Car enfin, Lavaur n’a pas besoin d’être “changée”.
C’est la politique municipale qu’il faudrait redresser.
Nuance.
Mais comment changer une ville quand on est soi-même incapable de se changer ?
Comment incarner une alternative quand on a passé six ans à lever la main au bon moment, dans le bon sens, plus de 95 % du temps ?
Leur campagne commence comme un mauvais téléfilm :
le casting est fait, mais le scénario manque cruellement.
Alors on improvise, on pioche dans le dictionnaire des slogans recyclables :
« Solidarité, justice sociale, respect »
La sainte trinité du vide politique.
Exactement les mêmes mots que ceux que l’on retrouvera, sans surprise, chez « Pour Lavaur Tout Simplement », « Lavaur au cœur », et sans doute demain chez « Lavaur autrement pareil ».
Quant aux grandes déclarations lyriques,
« Lavaur mérite mieux qu’une gestion solitaire et sans perspective »
« Construire ensemble une ville solidaire, démocratique et tournée vers l’avenir »
elles ont ceci de remarquable qu’elles n’engagent strictement à rien.
Tout le monde veut “mieux”, “ensemble”, “avec sérieux et humanité”.
Encore heureux.
La vraie question est ailleurs :
pourquoi faire confiance à ceux qui ont accompagné, validé, applaudi, parfois même félicité, la politique du maire sortant ?
Changer de tête de liste n’efface pas six ans de docilité.
Peut-on sérieusement clamer « Changeons Lavaur » tout en se félicitant des actions de la majorité sortante ?
Logiquement, non.
Politiquement, apparemment, si.
Et que dire de la “plus-value” revendiquée : l’agrégation tardive des écolos, bricolos, rigolos et autres virtuoses du multitasking politique, écouter sans comprendre, parler sans agir ?
Penser que cet attelage hétéroclite ferait frémir la majorité en place relève moins de la stratégie que du rêve éveillé.
À ce stade, ils essaient surtout de changer d’étiquette sans changer d’histoire.
Changer Lavaur ? Pour rendre Lavaur ô Vauréen... !

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