« Changeons Lavaur », décidément… ils sont trop mignons.
Vraiment.
Je les adore.
Si, si.
À la lecture de l’article de presse relatant leur annonce de candidature, un léger trouble s’installe : qui sont-ils exactement ? Que veulent-ils au juste ? Et surtout… savent-ils eux-mêmes ce qu’ils racontent ?
Prenons leur logo, troisième version, déjà, ce qui en politique est rarement un signe de stabilité intellectuelle.
Trois cercles, trois valeurs : Écouter, Rassembler, Agir. Très bien, des verbes... cela va frémir !
Puis arrive la conférence de presse, et là, surprise : les valeurs deviennent Écoute, Transparence et Action.
Le rassemblement ? Disparu. Évaporé.
Les verbes ? Fini aussi.
Sans doute une valeur encombrante, difficile à pratiquer quand on passe son temps à pointer du doigt plutôt qu’à tendre la main.
Soyons honnêtes : ces valeurs sont celles de toutes les listes, de toutes les tendances, depuis que la démocratie existe. Ils voulaient être inventifs ? Ils sont surtout trivialement banals. Une affiche de mutuelle, un slogan de start-up fatiguée, rien de plus.
Et comme souvent quand on manque de projet, on ressort le vieux fonds de commerce : Carayon, encore Carayon, toujours Carayon.
Tout y passe : la démographie, le chômage, la pauvreté, le vieillissement de la population…
La démocratie aussi : un déficit de démocratie ? Déficit veut dire en creux qu'il y en a ! Baliverne, il n'y a pas de démocratie, adoucir le trait est masquer la réalité !
À les entendre, le maire serait responsable du taux de natalité et peut-être bientôt de la météo.
Il eût pourtant été plus utile, et plus courageux, d’expliquer ce qu’ils comptent faire, eux, pour rajeunir la population, créer des emplois, rendre la ville attractive, dans le cadre financier contraint de Lavaur. Mais là, silence radio. Critiquer coûte peu, proposer engage.
Ils osent même parler d’un « néant démocratique ».
C’est fort.
Car s’il y a bien une constante durant leur mandat, c’est leur invisibilité politique. Peu de combats, peu d’initiatives, beaucoup de plaintes : documents inexploitables, informations tardives… Peut-être. Mais la démocratie ne se résume pas à attendre qu’on vous tende le dossier bien ficelé.
Le summum est atteint avec le dossier Bel Air. Leur indignation se concentre sur le fait qu’une adjointe, sports et jeunesse, n’ait pas été informée en amont. Double erreur :
-
elle n’est pas en charge du patrimoine,
-
la vraie question démocratique aurait été de s’indigner qu’aucun conseiller municipal ne l’ait été.
Mais ça, visiblement, c’était trop large pour leur champ de vision.
Arrive ensuite la caution politique nationale, fraîchement parachutée, qui promet de s’occuper des « invisibles » et d’associer les citoyens aux décisions locales. Mi-janvier, nous dit-on.
Formidable.
Mais pourquoi pas depuis six ans ? Pourquoi ce soudain réveil démocratique après avoir passé le mandat à chasser le Bernie, compter les camions et s’agiter sur des anecdotes ?
Et puis, cerise sur le gâteau : la comparaison avec Saint-Lieux.
Oui, Saint-Lieux fait mieux.
Parce que ses élus se battent, travaillent, participent, au lieu de simplement « vouloir participer ». Nuance essentielle.
La médiocrité a un prix.
Et non, « Changeons Lavaur » n’effacera pas ses postures creuses avec des lieux communs recyclés.
Changer une ville demande plus qu’un logo qui tourne en rond.
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