Le grand flou démocratique
LE NARRATEUR (voix off, faussement solennelle)
Après l’acte I de la promesse et l’acte II de l’esquive, voici venu le temps de la clarification.
Enfin… de ce qui en tient lieu.
Le point sur le début de la campagne...
Changeons Lavaur (souriant, rassurant)
Nous avons entendu les critiques.
Nous avons pris note.
Nous avons décidé… de ne pas décider trop vite.
Pour Lavaur Tout Simplement (gravement inspiré)
La démocratie, c’est d’abord une méthode.
Et la méthode, c’est de ne surtout pas brusquer le calendrier.
LE NARRATEUR
Le programme ?
Il arrive.
Comme la pluie en été.
Annoncée, attendue, mais toujours pour plus tard.
Changeons Lavaur
Nous ne voulons pas imposer une vision.
Nous voulons co-construire.
Co-réfléchir.
Co-différer.
Pour Lavaur Tout Simplement
Dire aujourd’hui ce que nous ferons demain serait irresponsable.
Surtout quand nous ne sommes pas encore d’accord entre nous.
(Un silence. Ils hochent la tête ensemble, satisfaits.)
LE NARRATEUR
Ils changent tout.
Sauf les votes passés.
Sauf les silences.
Sauf les réflexes.
Changeons Lavaur (l’air faussement offensé)
Nous ne sommes ni dans la continuité,
ni dans la rupture.
Nous sommes… ailleurs.
Pour Lavaur Tout Simplement (triomphant)
Et cet ailleurs, précisément, ne se détaille pas encore.
(Ils se tournent vers le public.)
ENSEMBLE
Faites-nous confiance !
LE NARRATEUR
Ainsi s’achève l’acte III :
un programme absent, une promesse floue,
et une certitude intacte
le vide, quand il est bien emballé, peut encore passer pour un projet.

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