Chronique radiophonique – Lavaur, la quatrième liste, pièce invisible...
À Lavaur, en période préélectorale, il y a des évidences qu’on préfère ne pas regarder en face.
C’est plus confortable.
Et surtout, ça évite de compter.
Car en l’état actuel du casting municipal, la succession du maire sortant a tout d’une formalité.
Non pas par adhésion massive, mais par simple arithmétique électorale.
Deux listes dites d’opposition, deux ego bien repassés, et une majorité qui n’a même plus besoin de convaincre : il lui suffit d’attendre que les autres se neutralisent.
La fusion ?
Évidemment souhaitable.
Mais encore faudrait-il accepter de raboter ce qui dépasse le programme… c’est-à-dire les personnes.
Alors chacun déroule son chapelet de bonnes intentions :
de la démocratie,
de la transition,
de la jeunesse,
du lien social.
Du futur, beaucoup.
Du présent, un peu.
Du passé, surtout pas.
Et puis il y a Bel Air.
Bel Air, ce n’est pas une obsession.
C’est un immeuble.
5 400 m².
Des charges.
Des contrats.
Des assurances.
Des emprunts.
Des intérêts des emprunts.
Et une réalité têtue : au mieux, 10 % occupés, le reste laissé à l’écho et aux factures.
Bel Air, ce n’est pas un sujet sectoriel.
C’est un carrefour.
Démocratique, parce que ce sont les habitants qui paient.
Économique, parce que c’est un cinquième de l’encours de la dette.
Urbain, parce qu’il est excentré, mal desservi, problématique en termes de sécurité.
Mais dans les programmes, Bel Air disparaît.
Il devient flou.
Évoqué à voix basse.
Renvoyé à plus tard.
Enterré sous le mot magique : concertation.
Personne ne dit combien ça coûte par an.
Personne ne dit comment on rembourse.
Personne ne dit ce qu’on fait des mètres carrés vides.
Et surtout, personne ne dit ce que ça va coûter demain.
Alors imaginons.
Un an après l’achat.
Les charges courent.
Les intérêts mordent.
Les contrats se renouvellent tout seuls.
Et le budget, lui, ne s’équilibre toujours pas.
Ce n’est pas une projection pessimiste.
C’est une projection comptable.
Dans ce paysage, une quatrième liste devient presque une nécessité politique.
Non pour promettre mieux.
Mais pour dire vrai.
Pour parler chiffres avant slogans.
Pour expliquer que gouverner après trente ans d’autocratie, ce n’est pas rêver, c’est réparer.
Cela fera grincer.
Cela fera mal.
Surtout aux autruches de tous bords, celles qui préfèrent enfouir la tête plutôt que lire un tableau d’amortissement.
Mais à Lavaur, tôt ou tard,
il faudra bien regarder Bel Air en face.
Et cette fois, sans détourner le micro.
et rendre enfin Lavaur ô vauréens !

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