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Cathédrale Saint Alain

La cathédrale, ou la foi dans le gouffre

La cathédrale a été un gouffre dans la politique financière du maire.
Certains diraient “la danseuse du maire”. Personnellement, j’ai du mal à imaginer le Jacquemart en tutu.

Ce choix n’est pas une lubie de chroniqueur grincheux : il a été clairement pointé par la Chambre régionale des comptes. Les conséquences ont été actées. Les limites de la perfusion financière aussi.

Lors de son dernier contrôle, la Chambre a rappelé que la dette de la commune était élevée, au-delà de ce qui est raisonnable, mais qu’elle avait été, en quelque sorte, tolérée pour tenir compte de la volonté du maire de “rendre à Lavaur son histoire” à travers ce bâtiment.

Il y a bien eu des subventions.
Il y a bien eu des sponsors.
Il y a bien eu du mécénat.

Mais après cet avertissement clair, après cette alarme formelle, le maire a continué.
Et il continue.
Avec, entre-temps, une petite pause nommée Bel Air.

Soyons clairs : l’entretien de la cathédrale relève bien des compétences de la commune. C’est même une obligation. Mais l’objectif est de conserver le bâtiment et de garantir sa sécurité, pas d’en faire un joyau hors de prix, sauf à démontrer une rentabilité en termes d’attractivité, de réputation, et d’effets économiques pour la ville, notamment le commerce.

Or ce bénéfice n’a jamais été chiffré.
Jamais sérieusement évalué.
Jamais objectivé.

On parle pourtant d’un coût supérieur à 3 millions d’euros, auquel s’ajoutent les participations de l’État, du département, de la région et du mécénat, à hauteur d’environ 50 %. Le prochain DOB en dira sans doute plus, via la fiche d’opération dédiée.

Le Jacquemart va sonner fort.

Un maire ordinaire aurait fait un autre choix :
un entretien conservatoire sérieux,
un arbitrage entre l’investissement utile et celui à fonds perdus,
et un minimum de hiérarchisation des priorités dans une commune déjà lourdement endettée.

Ici, on a préféré la logique du symbole, du prestige et de la vitrine.
Comme pour Bel Air.
Comme pour le reste.

Mais rassurons-nous :
tout cela sera expliqué… plus tard.

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