Ce qu’il a fait de nos sous (1) : les dépenses “ordinaires”
Il ne s’agit pas ici de décrier des dépenses d’investissement dites “ordinaires”, que n’importe quel maire ordinaire aurait engagées. Ce qui est en cause, ce n’est pas le principe. C’est la méthode.
Une méthode qui conduit à l’improvisation, source de dépenses mal contrôlées, avec une forte tendance aux budgets non maîtrisés et, par voie de conséquence, aux multiples correctifs de fin d’année. Des correctifs qui ont ceci de commode qu’ils ouvrent la porte à bien des dérives, souvent au profit… de Saint Alain.
La raison est connue : ce sont les agents qui font remonter les besoins, et la commune répond au coup par coup, sans véritable pilotage politique. Cette pratique délétère est encore accentuée par l’absentéisme du maire : il faut bien faire tourner la machine, alors on décide dans l’urgence, quel qu’en soit le coût.
Dans cette rubrique des “dépenses ordinaires”, on trouve de tout :
du mobilier (y compris scolaire),
des travaux limités sur des opérations identifiées par ailleurs, avec ce fameux saucissonnage qui permet de noyer le poisson des coûts réels,
du matériel “divers”,
de la signalisation,
de l’informatique,
du mobilier urbain,
des travaux sur les bâtiments scolaires.
C’est bien de cela qu’il s’agit quand on parle des 40 millions d’euros d’emprunts évoqués dans la chronique précédente sur ce que le maire a fait de notre argent.
Oui, ces dépenses auraient évidemment existé avec un maire ordinaire. Elles absorbent une partie normale du budget d’investissement. Mais pas dans ces proportions, et surtout pas de cette manière.
On y trouve notamment 36 millions d’euros sur 25 ans pour la voirie. Et là, un détail frappe : la période 2005–2011 concentre à elle seule 24 millions d’euros. Cela signe surtout le désintérêt du maire pour l’entretien de la voirie pendant les dix premières années de son règne sans partage. Les conséquences sont encore visibles aujourd’hui.
Dire qu’un maire ordinaire aurait mobilisé autant sur la voirie, c’est implicitement admettre qu’il aurait, lui aussi, laissé l’entretien se dégrader pendant des années. Ce n’est pas raisonnable. On ne peut pas réécrire l’histoire, mais même dans les dépenses “ordinaires”, les postures extraordinaires du maire faussent complètement l’analyse.
Il en va de même pour le complexe des Clauzades, qui a absorbé 2,8 millions d’euros : une dépense sans doute nécessaire, un emprunt probablement justifié. Mais là encore, la question n’est pas le principe. C’est la planification, l’anticipation, et la maîtrise d’ensemble.
Ainsi vont les emprunts “ordinaires” : ceux qu’un maire ordinaire aurait sans doute contractés, mais dans une mesure plus compatible avec de vrais documents de prévision budgétaire, un étalement des travaux, et donc une trajectoire financière plus saine.
Mais rassurons-nous :
tout cela sera expliqué… plus tard.

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