Accéder au contenu principal

Dossier spécial

 La gestion cosmétique

Trois couleurs, une seule méthode, une seule facture.

On peut toujours raconter la politique municipale par petites tranches : un marché ici, une route là, un bâtiment ailleurs. On peut aussi faire semblant de ne pas voir le fil qui relie tout.
À Lavaur, ce fil est pourtant limpide : on improvise, on communique, on ajoute des rallonges, et on envoie la facture plus tard.

Pour comprendre, il suffit de regarder trois images.
Le blanc.
Le noir.
Et l’ombre de Bel Air.


I — Le Blanc : la vitrine

Le blanc, c’est la signalisation horizontale. Les lignes fraîches, bien visibles, juste à temps pour la photo de campagne.
C’est aussi une augmentation de 29,23 % d’un marché, passée presque discrètement, sans débat, sans alerte sérieuse de l’opposition devenue aujourd’hui candidate.

Le plus intéressant n’est pas le pourcentage. C’est le mécanisme.
Dans les considérants, on lit que les aménagements de voirie ont une incidence sur les besoins de signalisation. Traduction simple : on lance des travaux sans prévoir la signalisation dans les marchés. Puis on “découvre” qu’il faut peindre. Et on ajoute un marché. Et on ajoute une rallonge.

Ce n’est pas de la prévision.
Ce n’est pas de la rigueur.
C’est de l’improvisation budgétaire maquillée en action.

Le blanc, c’est la vitrine. Ce qui se voit. Ce qui se photographie bien. Et ce qui s’ajoute, tranquillement, à la facture globale.


II — Le Noir : le cache-misère

Le noir, c’est le bitume. Le rapiéçage des routes en période électorale.
Un grand classique. Un peu de goudron par-ci, un trou rebouché par-là, et l’illusion d’une ville entretenue.

On pourrait faire l’inventaire précis de l’état de la voirie. Il existe. Très détaillé. Sans doute rangé au fond d’un tiroir.
On pourrait aussi rappeler qu’à Lavaur, la ligne budgétaire “voirie” est depuis longtemps une variable d’ajustement, y compris lorsque « Lavaur Citoyenne », devenue « Changeons Lavaur », était dans l’opposition.

On pourrait dire : “ailleurs, c’est pareil”.
Mais ce serait faux… et surtout commode.

Parce qu’ailleurs, la dette est plus faible.
À Graulhet, environ deux fois moins.
À Gaillac aussi.
Et surtout, ailleurs, la dette baisse.

À Lavaur, on a choisi une autre combinaison : des routes fatiguées et une dette qui empêche toute politique sérieuse de réfection. Alors on bouche les trous à la petite pelle, on communique beaucoup, et on repousse le vrai chantier à plus tard.

Le noir, c’est le cache-misère. Ce qui donne l’illusion du soin, sans jamais traiter la structure.


III — L’Ombre : Bel Air

Et puis il y a l’ombre. Celle qui plane sur tout le reste : Bel Air.

Bel Air, c’est la version monumentale de la même méthode.
On décide d’abord.
On chiffre après.
On découvre trop tard.
Et on empile les conséquences.

Chaque euro englouti dans ce dossier mal préparé est un euro de moins pour la voirie, pour l’entretien, pour les investissements utiles. Bel Air ne tombe pas du ciel : il est le produit exact d’une gestion au coup par coup, sans anticipation sérieuse, sans vision budgétaire d’ensemble.

Aujourd’hui, majorité et opposition font semblant de découvrir le problème. Les uns parce qu’ils l’ont créé. Les autres parce qu’ils se sont abstenus quand il fallait s’opposer.

Bel Air, ce n’est pas un accident.
C’est la clé de voûte du système.


Conclusion — Une seule méthode, une seule addition

Le blanc maquille.
Le noir cache.
Bel Air plombe.

Et au milieu, toujours la même méthode : improviser, communiquer, corriger après, et présenter l’addition comme une fatalité.

On peut repeindre les lignes.
On peut boucher les trous.
On peut même promettre des lendemains qui chantent.

Mais tant que la gestion restera ce qu’elle est, une politique de vitrine, de rapiéçage et de décisions mal préparées, Lavaur restera ce qu’elle devient : Lavaur l’endettée.

Et cette fois, ce ne sera pas une question de couleur.
Ce sera une question d’addition.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Il n'a pas serré trop fort

Plus qu'une décision pour atténuer les conséquences financières désastreuses de ses opportunités fantastiques", c'est pure démagogie la décision de diminuer de 5 % les indemnités de fonction du maire, adjoints et conseillers délégués. L'idée vient du maire ? Attachons nous à en voir l'impact pour le maire ! Sur 2024 le maire, conseiller régional et conseiller communautaire a perçu 91 574,16€ brut, pour avoir un ordre d'idée c'est plus de  4,5 fois le SMIC, encore faut-il préciser que c'est pour 35 heures travaillées le SMIC... Il va donc rabattre 5 % sur l'indemnité de maire... 2000€ environ, il ne percevra plus que 89 000€. Je ne vais évidemment pas proposer d'ouvrir une cagnotte letchi, ni sortir mon mouchoir !  Mais il est intéressant de s'interroger sur ce que disent les textes puisque les indemnités sont fixées en rapport avec l'indice maximum brut le plus élevé de la fonction publique. Pour le maire ce taux est de 65% (brut 2671€/...

Deux poids, deux mesures...

 Je vous parlais dans mon dernier article du sacrifice du maire (et de ses adjoints et autres conseillers) quant à ses indemnités de maire. Pensez donc - 5% .   Quel sacrifice ! Quelle volonté de participer à l'effort budgétaire ! Moins grand tout de même que celui imposé aux associations : - 19% , avec un marquage différent selon les catégories d'associations. Je parle ici de la diminution qui s'est produite en moins d'un quart d'heure : entre le non vote du budget et l'exposé sur les attributions aux associations d'une subvention. Selon que votre activité pointe vers les sports, - 6 % ou l'éducation - 22 %, voire les "divers" avec une mention particulière pour l'amicale des personnels de la mairie (- 20 %) vous serez  plus ou moins participatifs à l'effort. Etonnant pour le sport qui devrait être habitué aux efforts ! AH ! Démagogie quand tu nous tiens, quand tu le tiens !

Association, l'alibi pour une acquisition scélérate !

Cet enfumage du maire plonge dans une grande tristesse... Puis vient le temps de la réflexion, cet état qui précède la réaction ! Non, ce n'est pas possible de laisser faire une telle chose, je suis même très étonné que TOUS les conseillers de la majorité présents aient accepté sans broncher ! PAS UN SEUL CONSEILLER DE LA MAJORITÉ POUR POSER UNE QUESTION... Ils seront face à l'électorat dans un peu plus d'un an, ils sont comptables devant les vauréens de leurs actions et de leurs inactions ! PAS UN pour interroger sur la composition de l'immeuble, PAS UN pour s'inquiéter du financement, PAS UN pour s'informer de la répartition imaginée, PAS UN pour questionner sur le devenir de l'immeuble de la SCI ATHENA acheté 225 000 € en 2020 et qui, je cite "présente un intérêt stratégique patent" puisque qu'au cœur d'activités sportives et artistiques selon les déclarations du maire lors de la réunion du CM du 5 décembre 2019, PAS UN pour rappeler...