Bel Air, ou la patate chaude collective
La patate chaude de Bel Air n’est pas près de refroidir. Loin s’en faut.
On montre le maire du doigt. Et on a raison : il porte la paternité de cette acquisition aberrante. Mais dans cette affaire, les irresponsables sont nombreux, et les mains propres se font rares.
Il y a d’abord la majorité, qui a voté. Sans questions. Sans état d’âme. Sans courage. On peut, par charité, supposer qu’ils savaient ce qu’ils faisaient. L’autre hypothèse, qu’ils aient voté sans comprendre, serait encore plus accablante.
Donc ils savaient.
Donc ils ont voté.
Donc ils sont coupables.
Mais il y a pire : l’opposition.
L’opposition, qui s’est prudemment abstenue. Pas par lucidité. Pas par stratégie. Par confort. En se retranchant derrière l’excuse minable du “défaut de communication”.
Cinq jours ne leur ont pas suffi pour voir ce qui sautait aux yeux.
Ils n’ont pas relevé qu’une des pistes avancées par le maire était bidonnée : ESL n’était même pas informée de son prétendu intérêt, alors même qu’ils siègent au conseil d’ESL.
Un simple clic sur la parcelle leur aurait donné la vraie surface.
Ils auraient pu faire retarder la décision.
Ils auraient pu saisir le juge.
Ils auraient pu, tout simplement, faire leur travail.
La surface réelle dépassait de plus de 5 % celle de la délibération. Le descriptif était faux. Tout était là. Noir sur blanc. Accessible. Vérifiable.
Ils n’ont rien fait.
Rien, sinon pleurnicher.
Que le maire ne leur disait rien.
Que la presse était mieux informée qu’eux.
Et puis ils se sont abstenus. Et après ? Toujours rien.
Cette abstention n’est pas de la prudence. C’est de la lâcheté politique.
Cette inaction n’est pas de l’impuissance. C’est de la complicité.
Ils sont co-coupables, co-responsables, comme on dit dans les milieux écolos et chez les bobos de gauche.
La faillite de la commune leur appartient aussi.
Or ces mêmes élus figurent aujourd’hui en bonne place sur la liste « Changeons Lavaur ».
Ce sont eux qui donnent des leçons de gestion.
Ce sont eux qui brandissent la dette comme un épouvantail.
Sans jamais dire qu’ils ont eux-mêmes aidé à allumer la mèche.
Sans jamais rappeler que pour l’épisode le plus scandaleux de fin 2024, ils étaient aux abonnés présents.
Aujourd’hui, ils découvrent soudain le problème.
Ils s’inquiètent du devenir des immeubles.
Du coût d’achat.
De l’entretien.
Du gouffre budgétaire.
Plus d’un an après avoir laissé faire.
Après avoir regardé ailleurs.
Après avoir choisi l’abstention plutôt que l’opposition.
Ce n’est pas une prise de conscience.
C’est une opération de blanchiment politique.
Et comme le maire, ils oublient commodément un détail : le fonctionnement. Le vrai coût. Celui qui va plomber durablement le budget communal.
Mais « Changeons Lavaur » fonctionne comme le système qu’ils prétendent combattre : au coup par coup, à l’aveugle, à l’improvisation permanente.
Résultat : grâce à la majorité et à l’opposition, nous avançons vers « Lavaur l’endettée ».
Lavaur mise au ban de la gestion saine.
Et demain, chacun jurera qu’il n’y est pour rien.

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