Entretien — Lavaur Ô Vauréen
Le programme avant le casting
Préambule
Lavaur Ô Vauréen ne part pas d’un slogan, ni d’un casting, ni d’un récit héroïque.
Elle part d’un constat : Lavaur est une commune durablement fragilisée, enfermée depuis trente ans dans une gouvernance verticale, budgétairement contrainte, et désormais exposée de plein fouet aux effets du changement climatique.
Dans ce contexte, le programme proposé n’est ni celui du renouveau cosmétique, ni celui des promesses spectaculaires.
C’est un programme de reconstruction, fondé sur la réalité financière, l’exigence démocratique, la responsabilité publique et l'urgence.
LPVL (Le petit vauréen libéré)
Vous revendiquez la démocratie participative. D’autres listes l’affichent également. Changeons Lavaur parle par exemple de « gouvernance collective fondée sur l’écoute et la décision partagée ». Est-ce de cela dont vous parlez ?
Lavaur Ô Vauréen
Non. Et il faut être clair.
La gouvernance collective est un concept séduisant, mais institutionnellement flou.
La loi est précise :
le maire est seul responsable des décisions prise dans le cadre de ses fonctions régaliennes (OPJ et OEC) ainsi que des décisions prises sous l'autorité de préfet : publication des lois et règlements, organisation des élections, légalisation des signatures, exécution des mesures de sûreté générale.
Il prend également les arrêtés ordonnant des mesures locales (interdiction de stationner, occupation du domaine public...)
Faire croire à une dilution de cette responsabilité relève soit de l’illusion, soit de l’irresponsabilité, parler de co-décision est parfaitement stupide.
Par ailleurs, il est l'exécutif de la collectivité, à ce titre il exécute les décisions du conseil municipal, exerce les pouvoirs qui lui sont délégués par ce conseil et a des pouvoir propres : les pouvoirs de police.
C'est dans ce cadre que se situe la nécessité d'organiser les mécanismes décisionnels, et en particulier les délégations accordées par le conseil au maire mais aussi, et surtout, les subdélégations qui sont ouvertes aux adjoints.
La démocratie participative que nous défendons est opérationnelle, encadrée et immédiate.
Elle ne repose pas sur des promesses de concertation permanente, mais sur une organisation politique claire dès l’installation du conseil municipal. Elles s'inscrit bien dans ce contexte réglementaire des délégations et subdélégations, chacun étant responsables de ses décisions.
LPVL
Pourtant, des commissions existent déjà. On ne peut pas dire que ce soit une innovation…
Lavaur Ô Vauréen
Elles existent, oui. Mais elles ne gouvernent pas.
Aujourd’hui, les commissions sont consultatives, marginalisées, parfois décoratives.
Elles ne produisent ni débat structuré, ni arbitrage réel, ni restitution publique du travail effectué.
Nous proposons un changement de nature, pas de façade.
LPVL
Concrètement ?
Lavaur Ô Vauréen
Dès l’installation du conseil municipal, nous mettrons en place une architecture démocratique lisible :
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Une commission Gouvernance, chargée de coordonner le travail des commissions, d’assurer la transparence des décisions et le suivi public des engagements.
Elle devra veiller à la transversalité des travaux des commissions. -
Une commission Finances et Commande publique, centrale. Son rôle sera ingrat, parfois impopulaire, mais absolument décisif dans un contexte de dette lourde et de marges budgétaires étroites.
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Des commissions de représentation de la population, structurées par grands enjeux :
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commerce et artisanat,
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vie sociale, logement, santé,
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associations et lien citoyen,
Environnement, Infrastructures routières,
Environnement, Patrimoine,
-
Chaque commission sera présidée par un adjoint clairement responsable avec les subdélégations appropriées. Elle sera tenu à une obligation de méthode, de résultats et de rendre compte.
Des "sous-commissions spécialisées" rattachées à une commission animées par un acteur non élu, de la société civile mais expert dans le domaine considéré.
Ainsi dès le lendemain de l'élection elles seront créées avec une mission clairement affichée, un calendrier.
Celle qui s'impose est une commission chargée de traiter l'immobilier Bel Air, le suivi de la gestion de l'ancien hôtel de ville, le chai des Clauzades...
LPVL
Vous évitez soigneusement le procès des mandatures passées…
Lavaur Ô Vauréen
Parce que le bashing n’est pas une politique publique.
Nous ne nions ni les erreurs, ni les impasses.
Mais nous refusons de bâtir un programme sur la dénonciation permanente. Ce serait confortable, mais stérile.
Notre sujet n’est pas hier.
Notre sujet, c’est comment gouverner demain avec moins d’argent, plus de contraintes et plus d’exigences démocratiques.
LPVL
Pensez-vous réellement pouvoir agir sur la dette et les dépenses ?
Lavaur Ô Vauréen
Oui, à condition de parler vrai.
Pas de promesses miracles.
Pas de chiffres fantasmés.
Pas d’annonces sans trajectoire.
Nous aborderons ces questions par les solutions, les arbitrages et les renoncements nécessaires, le fonctionnement des conseils municipaux avec une ouverture sur le public, une programmation annuelle et la diffusion d'ordre du jour documentés bien avant la réunion.
C’est moins spectaculaire, mais infiniment plus sérieux.
LPVL
Nous poursuivrons cet entretien demain, notamment sur les résultats de votre sondage et peut-être le travail de la commission de la gouvernance et des finances ?
Lavaur Ô Vauréen
Avec plaisir.
La démocratie commence quand on accepte de rendre compte.

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