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MUNICIPALES - Lavaur

Municipales : les lignes de force

À Lavaur, la préparation des élections municipales commence à clarifier les forces en présence. Trois dynamiques se dessinent, trois logiques politiques qui, chacune à leur manière, diront beaucoup de l’avenir de la ville. Encore faut-il regarder ces candidatures non pas à travers leurs proclamations, mais à travers ce qu’elles représentent réellement.

1. La droite : continuité assumée, méthode inchangée

Du côté de la droite locale, la question n’est plus tant de savoir quelle personne mènera la liste, mais qui portera la marque familiale. Le père ? Le fils ? Un représentant par procuration ? Les scénarios varient, mais la ligne reste la même.

L’appartenance idéologique — parfois à la frontière de la droite extrême — n’est plus un sujet de débat. Le mode de gouvernance non plus : pouvoir centralisé, décisions verticales, communication omniprésente et gestion financière dont la dette constitue l’indicateur le plus parlant. À défaut de transparence, les chiffres parlent pour tout le reste.

2. La gauche fragmentée : une composition de circonstance

La gauche locale s’est construite sur les vestiges de Lavaur Citoyenne. Une composition plus subie que choisie, qui a vu les anciens membres de la liste de 2020 se disperser vers les formations disponibles : PS, Génération·s, Place Publique, avec une cheffe passée de macroniste à soutien d’un courant social-démocrate revendiqué.

Reste que cette gauche est aujourd’hui amputée des deux forces les plus structurantes à gauche au niveau national : le Parti communiste et La France insoumise. Une gauche sans ces composantes devient un assemblage plus qu’un front, un accord de présence plutôt qu’un projet politique. Cette absence de cohérence programmatique et idéologique fragilise mécaniquement une éventuelle candidature.

Mais elle a été ralliée par les écolos du GAT qui apporte un peu de gaieté dans ses démonstrations financières.

3. La liste de la conseillère départementale : une singularité dans le paysage

Nouvelle venue dans la course, la conseillère départementale s’affirme « rose », tout en revendiquant une posture apolitique. Cette nuance peut surprendre, mais elle traduit une volonté d’incarner une alternative moins marquée, plus pragmatique, et surtout dégagée des querelles partisanes qui usent les électeurs.

Sa démarche se distingue par un professionnalisme certain. Mais l’attente reste forte : elle a annoncé un programme, et celui-ci devra démontrer qu’elle n’est pas seulement une candidature de bonne volonté, mais une proposition structurée capable de répondre aux enjeux lourds qui pèsent sur Lavaur.

Un contexte national qui bouleverse les équilibres locaux

Une étude très récente de Sciences Po Paris révèle que, pour la première fois depuis longtemps, la vie politique est citée spontanément comme première préoccupation des Français. Non pas par intérêt, mais par rejet.
La politique est perçue comme un espace d’élites déconnectées, parfois prédatrices, rarement à l’écoute. Ce climat offre à Lavaur un miroir : les excès de l’un, l’inconsistance de l’autre, les querelles partisanes et les stratégies d’appareil ne sont plus tolérées par une population qui aspire à des solutions concrètes, pas à une énième bataille de sigles.

La question devient alors :
la sanction des listes trop politisées sera-t-elle la réponse locale au discrédit national ?

Vers une remise à plat nécessaire

Si tel est le cas, ce rejet pourrait permettre, paradoxalement, une remise à plat salutaire. Lavaur a des problèmes structurels, connus et documentés. Ils ne se régleront ni par des postures ni par des slogans. Ils imposent des décisions difficiles : financières, urbanistiques, organisationnelles. Des choix qui nécessitent une participation citoyenne réelle, pas une façade.

Les municipales de Lavaur seront peut-être le moment où, débarrassée des outrances des uns et des négligences des autres, la ville pourra enfin affronter ses enjeux avec lucidité.


Commentaires

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Il n'a pas serré trop fort

Plus qu'une décision pour atténuer les conséquences financières désastreuses de ses opportunités fantastiques", c'est pure démagogie la décision de diminuer de 5 % les indemnités de fonction du maire, adjoints et conseillers délégués. L'idée vient du maire ? Attachons nous à en voir l'impact pour le maire ! Sur 2024 le maire, conseiller régional et conseiller communautaire a perçu 91 574,16€ brut, pour avoir un ordre d'idée c'est plus de  4,5 fois le SMIC, encore faut-il préciser que c'est pour 35 heures travaillées le SMIC... Il va donc rabattre 5 % sur l'indemnité de maire... 2000€ environ, il ne percevra plus que 89 000€. Je ne vais évidemment pas proposer d'ouvrir une cagnotte letchi, ni sortir mon mouchoir !  Mais il est intéressant de s'interroger sur ce que disent les textes puisque les indemnités sont fixées en rapport avec l'indice maximum brut le plus élevé de la fonction publique. Pour le maire ce taux est de 65% (brut 2671€/...

Deux poids, deux mesures...

 Je vous parlais dans mon dernier article du sacrifice du maire (et de ses adjoints et autres conseillers) quant à ses indemnités de maire. Pensez donc - 5% .   Quel sacrifice ! Quelle volonté de participer à l'effort budgétaire ! Moins grand tout de même que celui imposé aux associations : - 19% , avec un marquage différent selon les catégories d'associations. Je parle ici de la diminution qui s'est produite en moins d'un quart d'heure : entre le non vote du budget et l'exposé sur les attributions aux associations d'une subvention. Selon que votre activité pointe vers les sports, - 6 % ou l'éducation - 22 %, voire les "divers" avec une mention particulière pour l'amicale des personnels de la mairie (- 20 %) vous serez  plus ou moins participatifs à l'effort. Etonnant pour le sport qui devrait être habitué aux efforts ! AH ! Démagogie quand tu nous tiens, quand tu le tiens !

Association, l'alibi pour une acquisition scélérate !

Cet enfumage du maire plonge dans une grande tristesse... Puis vient le temps de la réflexion, cet état qui précède la réaction ! Non, ce n'est pas possible de laisser faire une telle chose, je suis même très étonné que TOUS les conseillers de la majorité présents aient accepté sans broncher ! PAS UN SEUL CONSEILLER DE LA MAJORITÉ POUR POSER UNE QUESTION... Ils seront face à l'électorat dans un peu plus d'un an, ils sont comptables devant les vauréens de leurs actions et de leurs inactions ! PAS UN pour interroger sur la composition de l'immeuble, PAS UN pour s'inquiéter du financement, PAS UN pour s'informer de la répartition imaginée, PAS UN pour questionner sur le devenir de l'immeuble de la SCI ATHENA acheté 225 000 € en 2020 et qui, je cite "présente un intérêt stratégique patent" puisque qu'au cœur d'activités sportives et artistiques selon les déclarations du maire lors de la réunion du CM du 5 décembre 2019, PAS UN pour rappeler...