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Les tribulations de « Changeons Lavaur »

Je vous ai déjà conté les aventures des rescapés de « Lavaur Citoyenne », ces grands voyageurs politiques en quête de cohérence, qui, pour faire peuple, se sont dispersés façon puzzle entre partis provisoires, convictions jetables et logos biodégradables.

Depuis, la saga continue !

Ils ont exploré avec une constance remarquable toutes les formes possibles de la dénonciation mineure :
le détail insignifiant, la polémique subalterne, l’indignation à bas bruit.
Tout, sauf le sujet central : le devenir de Lavaur, et l’héritage budgétaire, urbain et politique que laissera Carayon.
Là, soudain, silence radio. On ne mord pas la main qui nourrit la polémique.

Ils ont changé de logo comme d’autres changent de filtre Instagram.
De devise comme on change de slogan en séminaire de com’.
De partenaires comme on abandonne des passagers en rase campagne.
Les écologistes ? Évaporés.
Pourquoi ? Mystère.
La transparence, visiblement, c’est surtout pour regarder chez le voisin.

Leur bilan de mandature mérite pourtant d’être encadré :

– l’écriture inclusive, premier cheval de bataille… resté à l’écurie (et encore, une écurie pour poneys fatigués),
– la dénonciation du « machisme » du maire, sans effet notable, sauf sur la tension artérielle,
– une passion pour le détail qui frôle l’obsession, pendant que l’essentiel prenait la fuite,
– des courriers au préfet en rafale,
– des pleurnicheries incessantes,
– une chasse au Bernie infructueuse,
– le comptage de camions, discipline olympique non reconnue,
– des félicitations au maire quand il faisait… son travail,
– des réunions de quartier promises, rarement tenues,
– et ce mantra inusable : « on travaille »,
(mais sur quoi, nul ne le saura jamais)

Ah si.
Ils ont voté 95 % des délibérations municipales.
Un sens aigu de l’opposition constructive… ou de la sieste civique.

Aujourd’hui, conscients sans doute de la légèreté abyssale de leur bilan, ils dégainent le dernier cheval de bataille, boiteux, borgne et mal ferré :
Lavaur serait devenue une commune d’extrême droite.

Rideau.

Ce faisant, ils enterrent eux-mêmes leur devise.

Écouter ?
Ils n’ont même pas entendu le conseiller municipal de la majorité qui s’est insurgé, avec vigueur, contre cette accusation grotesque.
Non, la majorité municipale n’est pas le RN.

Rassembler ?
Incapables de garder les écologistes, ils rêvent désormais de rassembler par la peur.
Problème : en 2026, ce ressort est usé jusqu’à la corde.

Agir ?
Là, on frôle le sketch.
Agir quand on n’a rien produit, rien construit, rien proposé de tangible, c’est de la poésie.
Ou de l’humour involontaire.

Au final, « Changeons Lavaur » apparaît pour ce que c’est :
un assemblage de mots qui sonnent bien, sans rapport avec la réalité,
une liste qui n’aura peut-être pas existé politiquement,
mais qui aura rendu un immense service :
offrir à la droite locale un formidable carburant de campagne.

Changer Lavaur ?
Non.
Mais distraire l’électeur, assurément.

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