La démocratie locale ne se décrète pas, elle se cultive.
Et à Lavaur, il faut bien le dire, le terrain est en jachère depuis un certain temps.
On confond souvent démocratie avec communication.
Une page
Facebook, quatre réunions publiques, et le tour est joué !
On
s’écoute parler, on répond à trois commentaires indignés, on
s’autocongratule, et surtout — on n’écoute personne.
Voilà
ce qu’on appelle aujourd’hui, dans certains cercles, «
participation citoyenne ».
Non, la vraie démocratie locale, c’est celle
qui accepte le désaccord, qui l’organise même, pour en faire un
moteur.
C’est celle qui n’a pas peur de la contradiction ni
des citoyens qui savent lire les délibérations du conseil municipal
sans s’évanouir.
Alors oui, il faut des structures actives, souples,
accessibles.
Des comités citoyens sur
les grands enjeux de la ville : urbanisme, environnement, finances
publiques, vie associative.
Déconnectés de la structure règlementaire ils sont une courroie de transmission entre décideur et citoyen.
Dynamiques parce que déconcentrés par quartier, ils restent animés par des conseillers rapporteurs.
Pas des vitrines décoratives où l’on
distribue du café et des powerpoints, mais des lieux où l’on
produit de la réflexion et des propositions concrètes.
Ensuite, il y a l’outil du budget participatif.
Mais
attention ! Il ne s’agit pas de transformer cela en concours de
jardinières fleuries.
Un vrai budget participatif, c’est un
pourcentage du budget municipal, sanctuarisé, débattu, voté,
contrôlé.
Ce n’est pas un gadget électoral pour montrer qu’on
« fait de la démocratie ».
Enfin, il faut ouvrir les fenêtres :
- Organiser les réunions du conseil avec un calendrier connu à l'avance et un ordre du jour accessible,
- Convoquer par quartier concerné par l'ordre du jour des réunions du jour sur la base des propositions des commissions municipales,
- Publier les comptes
rendus intégraux des réunions (et pas des résumés façon
publicité municipale) ;
- Donner la parole à ceux qui n’ont
ni mandat, ni micro, ni badge d’accès en instituant un temps de parole citoyen à la fin de chaque réunion du conseil municipal ;
- Instaurer une journée annuelle du citoyen, où la
parole revient à ceux qui vivent la ville, pas seulement à ceux qui
la gèrent.
La démocratie, ce n’est pas une posture, c’est une
pratique.
Et comme toute pratique, elle demande du courage, de la
méthode et une bonne dose de modestie — ce qui, reconnaissons-le,
ne court pas les rues de Lavaur ces derniers temps.
L'épisode 3 nous dira les outils de la communication pertinente et efficiente !

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