📰 Communication municipale : quand le verbe remplace le budget
À Lavaur, on ne gère pas, on communique.
Ce n’est pas un choix, c’est une stratégie — ou plutôt une parade. Quand la caisse est vide, on sort le micro. Quand la voirie s’effondre, on publie une photo de ruban tricolore. Et quand la dette grimpe, on annonce un “nouvel élan”.
C’est qu’ici, la communication est devenue un art de la prestidigitation : on remplace la réalité par son communiqué.
Les trous dans la chaussée ? “Des espaces d’expression urbaine.”
Les bâtiments délabrés ? “Un patrimoine en transition.”
Les budgets contraints ? “Une gestion prudente et visionnaire.”
Plus c’est serré, plus c’est lyrique.
Le paradoxe vauréen
À Lavaur, la courbe est simple : plus la situation financière est désastreuse, plus la communication est flamboyante.
C’est presque une loi municipale : quand l’action s’effondre, l’image s’élève.
Les rapports budgétaires sont ternes, mais les brochures sont brillantes.
Les routes s’abîment, mais les slogans scintillent.
Le maire a compris depuis longtemps qu’un bon plan de "com’ " vaut mieux qu’un plan de redressement.
Un entretien de voirie coûte cher, un article dans “Le Mag” ne coûte qu’un sourire et un rédacteur bien inspiré.
Le réalisme budgétaire, ce grand oublié
Pourtant, les urgences sont là :
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Une voirie qui s’émiette comme un biscuit sec,
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Des bâtiments publics qui vieillissent plus vite que les discours,
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Une dette qui pèse comme un secret de famille qu’on cache sous le tapis rouge de la salle du conseil.
Mais plutôt que de parler de rigueur, on préfère parler de “projets d’avenir” — un futur toujours plus radieux… à mesure qu’il s’éloigne.
Et si on communiquait… autrement ?
Lavaur n’a pas besoin d’une communication brillante, elle a besoin d’une parole honnête.
Pas de storytelling, mais un récit de vérité : “Voilà où nous en sommes, voilà ce qu’il faudra faire, voilà ce que ça va coûter.”
Car avant de redresser les comptes, il faut redresser le ton.
Il y a des moments où, pour avancer, il faut moins de mots et beaucoup plus d’actes.
Et si, pour une fois, on cessait de repeindre les fissures avec de la peinture communicante, peut-être que la maison Lavaur cesserait de craquer à chaque coin de rue.

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