Ah… Lavaur !
Ses briques roses, ses rumeurs blondes, et son Mag…
Ce Mag municipal, temple de l’auto-congratulation, monument de la modestie imprimée.
Voyez-vous, à Lavaur, le maire ne gouverne pas : il orchestre.
Et comme tout bon chef d’orchestre, il sait quand donner la note.
Trente ans de baguette en main, il connaît la partition républicaine par cœur :
la loi dit qu’on ne publie pas d’articles “opportuns” avant une élection ?
Eh bien lui, il publie comme d'habitude, il a organisé les publications au bon moment !
C’est du cousu main, c’est du Mozart administratif.
Et quand le Mag tombe dans nos boîtes, tout le monde applaudit.
Enfin… presque tout le monde.
Parce qu’à y regarder de près, et il faut de bons yeux, hein, pour lire entre les lignes,
on n’y trouve pas un Mag, mais un Mirage.
Les infos ? Sélectionnées.
Les chiffres ? Allégés.
Les bilans ? Suggérés.
Et le maire ? Sublimé !
Prenons Bel Air : un encart, trois associations mises en vitrine…
sur deux cents qui poireautent dehors, quelques m² occupés sur 5 400 achetés !
Coût du projet ? Coût de l'entretien ?
Mystère et confiture.
L’hôtel de ville vendu ? Pschitt !
L’EHPAD oublié ? Oublié, oui, c’est le mot juste.
Et la stèle commémorative ? Ah, la stèle… elle aussi, semble enterrée.
Non, vraiment, c’est un Mag qui fait du bien,
au maire, du moins.
Le reste de la population, elle, devra attendre le prochain numéro pour apprendre ce qu’elle aurait dû savoir au précédent.
Mais ne soyons pas injustes : tout est légal.
Et en politique, la légalité, c’est comme la morale,
ça s’arrête toujours à la ligne du bénéfice électoral.
Alors voilà :
tant qu’on imprimera des Mags au parfum de bulletin de vote,
on continuera de se dire que la démocratie, à Lavaur,
ce n’est pas un régime…
c’est une édition limitée à ce que le maire veut dire !

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