Chronique vauréenne : Le GAT TO et la calculette mal étalonnée
Le montant de la dette de Lavaur, on le connaît, on le répète,
on le psalmodie comme un mantra de comptoir : c’est le grand
épouvantail de nos discussions du marché.
Mais comme toujours,
les chiffres brandis hors contexte sont de parfaits mensonges en
costume-cravate.
Ces chiffres sont la queue de Mickey du GAT TO, il nous les triture à l'infini mais sans jamais y rattacher des évolutions (ou des régressions), mais c'est toujours le même indicateur la dette (parfois appelée emprunts) qui est agité sans réflexion sur cet indicateur ni même de mise en perspective.
Et c’est bien là que le GAT TO, ce groupe d’action qui
agit surtout sur les éoliennes, s’illustre avec brio.
Non
content de confondre emprunt et dette (comme on confond la louche et
la soupe), voilà qu’il transforme ses approximations
comptables en vérité révélée.
On croirait voir un sketch de
Bouvard, sauf qu’ici, la blague coûte des millions.
Les chiffres qui fâchent
Le GAT TO, dans sa grande rigueur de salon, annonce une hausse
de 39 % de la dette depuis le début du mandat.
Ah, 39 %
! Voilà un chiffre qui claque, qui impressionne, qui fait sérieux —
un peu comme les promesses électorales avant la gueule de bois.
Mais voilà : entre 2020 et 2024, l'encours de la dette est
passée de 21,45 millions à 27,6 millions d’euros.
Ce
qui, sauf erreur de boulier, représente plutôt 26,8 %,
ou 37,2 % si l’on tord les dates (2019 ou 2020 début de la comparaison), mais certainement pas 39 %.
Un
détail ? Non, une gymnastique de chiffres aussi souple qu’un tract
politique.
Et surtout, disons-le : cette explosion n’est pas progressive.
Elle ne grimpe pas comme une courbe de croissance allemande, elle
surgit brutalement en 2023 (3M€) puis en fin 2024 (5,5M€), un
beau feu d’artifice comptable, fruit d’une décision tardive mais
massive.
Il faut identifier le mal pour adapter une thérapie salvatrice !
En 2020 le Chambre Régionale des Comptes a validé la gestion en observant le caractère aléatoire des décisions souvent prises à un niveau d'incompétence démocratique (ce sont les services qui identifient les besoins et mettent en œuvrent les actions).
Le pointage des investissements vers le patrimoine et l'histoire de Lavaur a été relevé ce qui a rendu acceptable la dette pour le gendarme des comptes publics.
Mais en 2024 il y a un détournement des emprunts qui sont mobilisés pour satisfaire un caprice en cours d'identification du maire : 5,5 millions € détournés de leur affectation déclarée dans la décision d'emprunt (réalisations des investissements 2024).
Les réalités financières
Le budget primitif 2025 s’élève à 27 millions
d’euros, soit peu ou prou le niveau de la dette.
De
quoi donner des sueurs froides à un percepteur et des idées aux
satiristes.
Quelques chiffres, pour ceux qui aiment les sueurs froides :
Remboursement des emprunts (capital + intérêts) dont la dette ! : 2,6 millions d’euros,
Dépenses de personnel : 8,7 millions,
Fonctionnement général : 4,1 millions,
Recettes fiscales : 7,4 millions,
Revenus fonciers (merci ESL) : 0,89 million,
Dotations et subventions : 3,2 millions,
Et bien sûr, 4,5 millions d’euros d’emprunt à venir pour équilibrer le tout.
Bilan ? On joue à Tetris budgétaire avec des briques en
plomb.
Les marges de manœuvre sont aussi minces qu’une feuille
d’impôt.
Les fausses solutions
Nos financiers amateurs dénoncent la dette, mais s’opposent à
toute vente d’actif.
Ils refusent la vente de l’ancien hôtel
de ville, mais proposent de le restaurer (ndlr : estimation basse : 200 000 €
“hors imprévus” et sous réserve d'absence d'amiante et autres joyeusetés).
Leur logique est d’une pureté mathématique : “moins de
revenus, plus de dépenses”.
Une alchimie budgétaire qui
transformerait le plomb des comptes en or idéologique.
S’ils avaient un minimum de rigueur, ils sauraient que s’il y
avait déséquilibre budgétaire, le Préfet
aurait déjà saisi la Chambre régionale des comptes.
Mais rien.
Pas une virgule. Pas un courrier.
Silence administratif : preuve
que la maison tient encore debout, même si elle penche très dangereusement à droite.
Le cirque des solutions
Le GAT TO promet un diagnostic financier pour
novembre.
On se frotte les mains : voilà venir le grand audit de
la place du Vieux Marché !
Sans doute y apprendrons-nous que la
solution miracle consiste à ne rien vendre, tout réparer,
et chanter l’Internationale au prochain conseil municipal, agiter le chiffon rouge en réunion du conseil ?
Mais soyons sérieux deux minutes : la seule “solution” qui peut être brandie est celle que le Préfet aurait imposée si le
déséquilibre existait vraiment :
une hausse massive des impôts, un gel des subventions et une mobilisation des associations sur l'autogestion.
Bref,
l’austérité version vert fluo.
⚖️ Et pendant ce temps-là…
La CAF, cette capacité d’autofinancement que
personne ne comprend mais que tout le monde cite,
oscille entre
–954 000 € (2024) et +296 000 € (2021) en sept ans.
Un
graphique à faire pâlir un électrocardiogramme : la vie, la mort,
la réanimation.
Morale de la chronique
La faillite, c’est de continuer comme avant.
Le redressement est d’admettre que les mesures doivent être brutales et elle sont urgentes.
Mais à Lavaur, on préfère confondre la dette et le
déficit, l’arithmétique et la poésie.
Ici, le budget n’est
pas un document comptable : c’est une œuvre d’art abstrait.
Et à force de jongler avec les chiffres,
on finit toujours par
se prendre un boulier sur la tête.



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