Chronique vauréenne
À Lavaur, on aime les grands mots pour les petites
choses.
Et quand un média local transforme trois pétitionnaires
en fronde populaire, on se dit que le feuilleton municipal a encore
de beaux jours devant lui.
Il n’est de meilleur exemple pour mesurer la qualité de la
communication — et parfois la paresse de l’information — que de
lire ce qu’un journaliste, manifestement peu curieux des faits et
des règlements, rapporte d’un évènement vauréen.
À son
actif : un feuilleton haletant, digne d’un soap de fin d’été,
capable de tenir en haleine les moins informés d’entre
nous.
Sidérant, mais éclairant.
Les acteurs
D’un côté, le maire et son conseil.
De l’autre, une
association baptisée « du Jacquemart », composée d’un
seul adhérent vauréen et de deux membres venus de communes
voisines, dont Labastide-Saint-Georges, et son moteur le GAT TO.
Petite subtilité : un conseiller municipal de la majorité —
ancien adjoint au patrimoine, tout de même — a signé une pétition.
Loyalisme vacillant ou distraction de plume ?
Et pour compléter la distribution : un journaliste qui « occupe
le terrain » sans jamais l’investiguer.
La Charte de Munich,
manifestement, pour lui, c'est par le petit bout de la lorgnette.
Les faits
En juin dernier, le conseil municipal délibère sur la vente d’un
ensemble immobilier incluant l’ancien hôtel de ville — celui de la fameuse stèle commémorative — ainsi que le petit
parking attenant (cinq places).
La délibération,
adoptée à l’unanimité, prévoit le déclassement après
désaffectation.
Pourquoi vendre ?
Parce qu’un achat dispendieux de 5 000 m²
et un emprunt de 4,5 millions d’euros ont laissé des traces.
Et
parce que la bâtisse, vétuste, non conforme et coûteuse, risquait
de ruiner un peu plus la commune.
En résumé : mieux vaut 620 000 € d’apport que des
travaux sans fin et sans financement.
Mais nos contempteurs de la vente, eux,
préfèrent la ruine à la raison.
Le feuilleton
Début octobre, le GAT TO (Groupe d’Action
Territoriale Tarn Ouest — oui, à première vue, ce n’est pas de
la tarte) s’élance à l’assaut d’une procédure qu’il estime
“non orthodoxe”.
Recours au tribunal administratif, annonce
tonitruante d’une suspension à venir : tout y passe.
Dans la foulée, une habitante d’un village voisin lance une
pétition sans revendication claire, ni destinataire identifié,
cosignée par le référent du GAT TO (le gâteau devient tarte à la crème).
Le
maire répond, un peu vexé, avec des arguments juridiques solides et un bon sens indiscutable pour une fois.
Le
GAT TO remet le couvert via son bras armé — l’association du
Jacquemart — et dépose… un recours gracieux auprès du
maire, un mois après la délibération et trois semaines après le
recours devant le tribunal.
Une logique administrative et juridictionnelle à géométrie variable, ou à digestion lente.
Les contradictions
« Que veut-on transmettre du Lavaur d’hier au Lavaur de demain
? » s’interroge le GAT TO.
Question vertigineuse, quand on
milite pour laisser pourrir un bâtiment au nom du
patrimoine.
Curieuse conception de la sauvegarde.
Le maire, lui, vend pour sauver ce qu’il peut — démarche
d’ailleurs saluée par la Chambre régionale des comptes qui avait validé une dette au regard de son affectation : le patrimoine !
Et
l’opposition ?
Silence radio.
Sans doute attend-elle que la chantilly prenne avant de s’en attribuer la recette et tourner en dérision GAT TO.
La finalité
D’un côté, une poignée d’activistes en mal de
reconnaissance, convaincus d’incarner le sursaut citoyen.
De
l’autre, une municipalité confrontée à des réalités
financières qui n’ont rien de romanesque, même et surtout si elle est responsable de cette faillite.
Et au milieu, un média qui transforme l’infiniment petit en bras de fer homérique.
Conclusion
À Lavaur, même les bras de fer se font à une main — et
souvent hors du ring.
On appelle ça : l’opposition.

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