Laisser à Carayon le panem et circenses, le pain et les jeux, chers à Juvénal.
À Lavaur, le pain se fait rare, mais pour les jeux, pas d’inquiétude : on distribue encore des subventions comme des hosties un dimanche d’élections.
Il est temps, grand temps, de sortir de cette grande kermesse municipale où chaque ruban découpé coûte un peu plus cher que le ruban lui-même.
Parler des associations, ce n’est pas feuilleter un album de bons sentiments, c’est ouvrir un grand livre de comptes. Et là, surprise : les colonnes pleurent.
L’hypocrisie de plaider le maintien des subventions frise l’art dramatique : on ratisse large, on étreint tout le monde, sauf la rigueur budgétaire.
Ceux qui défendent “leurs” associations sont souvent les mêmes qui confondent solidarité et clientélisme de proximité.
La vérité, crue, impolie, mais mathématiquement imparable, est simple :
supprimer les subventions, ou du moins les recentrer sur les associations sociales laïques, serait le premier pas vers la décence financière.
Les autres devront apprendre l’autonomie, ce mot étrange qui signifie “se débrouiller sans l’argent du voisin”.
Finies les chorales subventionnées pour chanter la misère budgétaire ou les clubs sportifs à crédit moral.
Rappelons-le, pour la forme : le déficit 2024 avoisine le montant total des subventions et des coûts de maintenance des associations.
En clair, sans les subventions, Lavaur retrouverait presque un équilibre, et une dignité.
Mais chuuut, il ne faut pas le dire trop fort.
On risquerait de réduire les apéros, et ça, à Lavaur, c’est sacrilège.
Une heure pour en parler ?
Une éternité ne suffirait pas pour réparer trente ans de “panem et circenses”.

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