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Achetez local, qu'il dit !

 “Achetez local… sauf quand c’est moi qui passe commande”

Le maire, dans l’infatigable ballet qu’il mène sur sa page Facebook personnelle — devenue l’équivalent municipal d’un téléshopping politique — nous enjoint, exhorte, supplie presque : “Achetez local ! Consommez local ! Faites vivre nos commerces !”

C’est beau comme du marketing de rue piétonne un samedi de décembre.
C’est émouvant même, tant on sent derrière chaque syllabe la vibration d’un élu persuadé d’incarner la défense héroïque du commerce local…

Las !
Le rideau tombe, la musique s’arrête, et l’on découvre, backstage, une réalité nettement moins poétique.

Car pendant que le maire nous sermonne sur la vertu du panier vauréen, lui-même, au nom de la commune, achète… ailleurs. Très ailleurs.
Pas “à 5 minutes à pied”.
Pas “au commerçant que vous croisez tous les matins”.

Non : au fournisseur qui n’a jamais mis un orteil grand'rue.

Et la découverte est d’autant plus savoureuse qu’elle survient exactement au moment où Son Honneur de Lavaur nous rejoue son refrain “Consommez local !”.
Sous le titre mystérieux, et digne d’un film d’espionnage municipal, “attributionFA012025”, apparaît un marché public de fournitures de bureau.
Scoop : ce n’est pas la petite papeterie du coin qui l’a remporté.

Deux marchés, mesdames et messieurs :

  • 1 582 € HT

  • 7 300 € HT, renouvelables deux fois.
    Et pour cela, la mairie a dégainé… une procédure adaptée.
    Oui, adaptée à quoi ? À l’envie irrésistible de ne surtout pas acheter local, semble-t-il.

Car pour ces montants, très loin du seuil des 40 000 € HT, il était possible de faire simple, direct, léger… bref, local.
Mais non : l’appel à concurrence a sonné comme un tocsin, et le commerce du centre-ville n’a pas été invité au bal.

Deux trahisons pour le prix d’une

  1. Trahison de parole
    On incite les Vauréens à acheter local… tout en faisant le contraire.
    C’est la variante municipale du fameux “Faites ce que je dis, pas ce que je fais”.

  2. Trahison de délégation
    Le conseil municipal a confié au maire le pouvoir de gérer les affaires courantes.
    Encore aurait-il fallu qu’il le fasse en bon père de famille, et non en client compulsif de catalogues éloignés.

Et qu’on ne vienne pas nous chanter le refrain du “moins cher”.
Avec les frais de livraison, l’économie est aussi certaine qu’un débat constructif entre Carayon et l’opposition.
À ce compte-là, autant commander sur Temu : ce sera cohérent avec le nivellement par le bas déjà en cours.

Et l’opposition dans tout ça ?

Ah, l’opposition…
Je les imagine, penchés sur leurs écrans, scrollant frénétiquement, déterminés à dénicher LA posture du maire à brocarder.
Un double discours sur le commerce local ?
Un sujet concret, technique, sérieux ?

Disparus.
Absents.
Silence radio, silence total, silence complice ou silence incompétent — cochez la case.

Peut-être ne savent-ils pas...
Peut-être s’en moquent-ils...
Peut-être étaient-ils trop occupés à étudier le prix du compost pour la prochaine story Facebook.


Remerciements appuyés

Je tiens néanmoins à remercier chaleureusement mon correspondant local, lequel me transmet les publications du maire puisque, luxe suprême, je suis banni de sa page, tout comme de celle de la cheffe de “la gauche étriquée”.

C’est donc officiel : je fais l’unanimité.
On ne m’aime pas.
J’envie presque Bel Air : lui, au moins, a été adopté par tout le monde en façade .



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