Il conviendrait, en ces heures décisives pour l’avenir de Lavaur, que l’opposition dite « Lavaur Citoyenne » se ressaisisse enfin et assume, ne serait-ce qu’un instant, le rôle qu’elle revendique avec tant d’emphase dans ses communiqués… et tant de discrétion dans les faits.
Le conseil du 15 décembre, où l’on prétend
faire approuver un PLU dont personne n’a eu le temps de mesurer la
portée, devrait être pour elle l’occasion rêvée d’affirmer
une présence, une vigilance, une dignité, tout ce que l’on
attend d’une formation qui se présente comme une alternative
crédible.
Mais la crédibilité, hélas, exige davantage que la
confortable posture du commentaire : elle réclame la constance,
l’esprit, et parfois même le courage.
Autant de vertus dont cette
opposition s’affranchit avec un détachement presque
aristocratique.
Ils sont 33 colistiers, dit-on.
Une armée en
miniature, propre à impressionner les naïfs et à donner l’illusion
d’un mouvement organisé.
On en viendrait presque à imaginer
qu’ils puissent remplir une salle du conseil, s’y asseoir,
écouter avec gravité, et signifier, par une présence enfin
incarnée, que le vote n’a rien d’une formalité et qu’ils
entendent défendre le droit du public et celui des conseillers à
comprendre ce qu’on exige d’eux.
Mais l’expérience impose la prudence :
ces 33 noms sont
souvent davantage une liste électorale qu’un
collectif mobilisé, un alignement de silhouettes
dont la réalité se dissipe dès qu’il faut dépasser
l’indignation numérique pour entrer dans le réel.
Pourtant, la seule exigence est simple, presque modeste :
affirmer
que l’examen d’un document aussi fondamental que le PLU ne
saurait se résoudre en cinq jours, dans un silence convenu, sous
l’œil satisfait d’un maire qui confond vitesse administrative et
autorité naturelle.
Il serait salutaire que ces élus
d’opposition se montrent, au moins une fois, à la hauteur de ce
qu’ils prétendent incarner.
Qu’ils manifestent, par leur
nombre et leur tenue, que l’avenir de Lavaur mérite mieux que
l’indifférence résignée ou l’abstention rituelle.
On ose espérer une telle démonstration.
On ose, parce
qu’il ne reste souvent que cela.
Et si, le 15 décembre, ils venaient réellement en nombre, alors oui : il faudrait ajouter des chaises.
Ce serait enfin une raison valable de s’en réjouir.

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