« Trois bulles qui partent dans trois directions opposées : enfin un logo honnête qui dit tout haut ce que leurs réunions murmurent tout bas. »
Ah ! Cette affiche, quel monument involontaire, quelle fresque naïvement révélatrice !
À elle seule, elle mérite de figurer dans un futur musée de la communication municipale approximative. L’œil s’y pose, s’y perd, et découvre bientôt ce triptyque chromatique : trois bulles colorées, trois trajectoires divergentes, trois fugues simultanées.
L’une grimpe vers le zénith, l’autre fuit vers l’occident, la troisième se carapate vers l’orient politique, une dispersion digne d’un régiment de réservistes surpris à l’aube par le clairon.
Que dis-je ? Une dispersion ?
Non : une illustration graphique, épique et définitive, de l’état réel de la coalition vauréenne d’opposition, cette confrérie de groupuscules microscopiques qui, depuis cinq ans, s’exercent à l’art délicat de s’accorder… en désaccord.
En observant l’affiche, un détail saute immédiatement aux yeux : ce logo composé de bulles colorées s’éparpille comme un lâcher de confettis pris dans une bourrasque.
Chacune file dans sa direction, sans cohésion, sans ligne, sans centre de gravité.
Une représentation graphique finalement très fidèle à la réalité politique du petit conglomérat : Lavaur Citoyenne, Place Publique, PS et Génération.s, les écologistes soudés comme… cinq aimants réglés sur des polarités incompatibles !
Il fallait oser : produire un visuel qui dit exactement ce que la communication tente d’éviter.
Quand le graphisme devient involontairement sincère, nous entrons dans le domaine de l’art brut politique.
Chaque bulle, dans son irréductible isolement vectoriel, résume ce quinquennat d’amicales mésententes :
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Lavaur Citoyenne, l’intrépide bulle bleutée, qui avance en oscillant,
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Place Publique, la bulle jaune, toujours prête à réfléchir mais rarement à agir,
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Le PS et Génération.s, ces deux hémisphères rosés qui cherchent, sans jamais le trouver, un chemin commun.
Une qui manque... Les écologistes qui tentent de participer au désastre en enfonçant le clou de leurs ignorances
Dans ce kaléidoscope de contradictions, l’affiche, candide, proclame à qui veut l’entendre :
« Réfléchissons ensemble ! »
Mais tout, absolument tout dans sa composition graphique crie :
« Ensemble, certes… mais jamais dans la même direction ! »
Et l’on reste émerveillé par tant d’honnêteté involontaire.

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