Accéder au contenu principal

Brève de comptoir - Cinépastel

 Cinépastel ou le cinéma des passe-droits

En période préélectorale, les réseaux sociaux deviennent ce qu’ils sont toujours : un champ de foire où les demi-vérités font la roue et où les contrevérités prennent la pose.
En général, je laisse chaque camp s’auto-démentir — l’hygiène démocratique commence par l’embarras partagé.

Mais là, non.
Là, c’est le citoyen vigilant qui tousse.

Je ne vais pas faire mon cinéma avec Cinépastel — d’autres s’en chargent très bien — mais la sortie récente du maire sur le financement du complexe relève moins de la communication que de la révélation involontaire.

À le lire, la subvention départementale n’aurait pas été le fruit d’un travail collectif, d’une instruction en commission, d’arbitrages budgétaires ni même d’un vote éclairé. Non.
Elle aurait été obtenue par contact direct, d’homme à homme, sans intermédiaire, grâce à des coups de fil appuyés au président du Département.

Rien que ça.

Ainsi donc, Carayon — 30 millions d’euros d’emprunts, 2 500 € de dette par habitant — nous expliquerait que la République fonctionne au téléphone rouge, que les élus servent à décorer les bancs et que les procédures sont une aimable option pour les communes qui n’ont pas le bon numéro.

Cerise sur le projecteur : au passage, le maire règle un compte personnel avec la conseillère départementale devenue concurrente électorale. Perfide, maladroit, mais révélateur. On se croirait dans une cour d’école où l’on tire la langue en criant « c’est moi qui ai demandé en premier ».

Deux hypothèses seulement tiennent debout :

– soit le Conseil départemental fonctionne réellement comme une officine de faveurs personnalisées,
– soit cette déclaration est tout simplement mensongère.

Car la version factuelle existe, elle. Elle est sobre, ennuyeuse, démocratique :
travail en amont, dossiers instruits, auditions, arbitrages, vote.
Bref, exactement ce que décrit la conseillère départementale dans son propre communiqué.

Alors, qui ment ?
Le maire qui se met en scène en négociateur providentiel, ou la réalité administrative qu’il trouve manifestement trop banale pour être racontée ?

Une chose est sûre :
quand un élu confond la démocratie avec son carnet d’adresses, ce n’est plus du cinéma, c’est un film d’anticipation institutionnelle.

Je vais donc faire simple.
Je poserai la question au président du Conseil départemental.
Et, pour une fois, sans intermédiaire.

Commentaires

  1. Nathalie Joseph destinataire de cette chronique a répondu :
    Concernant plus précisément votre question sur le cinéma, ma ligne de conduite est de ne pas me laisser entraîner dans de vaines polémiques avec le maire sortant.
    Ce qui me fais observer que... qui ne dit mot consent et que cette posture a conduit finalement l'opposition dans ... la majorité !
    Good Luck !

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

Chronique – Coup de colère : la gauche bien gauche !

Non, non… je ne m’acharne pas sur « Changeons Lavaur ». D’abord parce que je ne m’acharne jamais gratuitement. Ensuite parce que la gauche, c’est toute ma vie. Justement. Ils ne sont pas de gauche. Pas un peu, pas maladroitement : pas du tout . Et, paradoxe cruel, parfois encore moins que l’autre liste. Cette situation me rappelle une vieille histoire locale : la campagne du docteur Cayla, sabordée non par la droite, mais par ses “amis” de gauche. L’histoire bégaie. Toujours. La gauche version 2026 cumule les handicaps : – des accointances macronistes jamais digérées, – une incapacité chronique à rassembler toute la gauche, – et cette posture étrange qui consiste à vouloir incarner l’alternative sans jamais assumer l’opposition. Résultat prévisible : division, partage des voix, et boulevard pour la droite. Ils en porteront la responsabilité politique entière. Car enfin, quelle opposition ont-ils été ? 95 % des délibérations votées avec la majorité. 95 %. Ce n’est pas u...

Association, l'alibi pour une acquisition scélérate !

Cet enfumage du maire plonge dans une grande tristesse... Puis vient le temps de la réflexion, cet état qui précède la réaction ! Non, ce n'est pas possible de laisser faire une telle chose, je suis même très étonné que TOUS les conseillers de la majorité présents aient accepté sans broncher ! PAS UN SEUL CONSEILLER DE LA MAJORITÉ POUR POSER UNE QUESTION... Ils seront face à l'électorat dans un peu plus d'un an, ils sont comptables devant les vauréens de leurs actions et de leurs inactions ! PAS UN pour interroger sur la composition de l'immeuble, PAS UN pour s'inquiéter du financement, PAS UN pour s'informer de la répartition imaginée, PAS UN pour questionner sur le devenir de l'immeuble de la SCI ATHENA acheté 225 000 € en 2020 et qui, je cite "présente un intérêt stratégique patent" puisque qu'au cœur d'activités sportives et artistiques selon les déclarations du maire lors de la réunion du CM du 5 décembre 2019, PAS UN pour rappeler...

La plaine des mirages

 Pourtant, ce n’est pas Noël… et ce n’est pas encore le 1er avril. Et voilà que le maire extraordinaire nous dévoile le grand projet de sa candidature : LA PLAINE DES LOISIRS ET DES SPORTS Je passe les détails de la “consultation citoyenne” sur ce projet grandiose. Il n’y en a pas eu. Le maire vient cependant au-devant du citoyen en posant lui-même les questions… auxquelles il s’empresse de répondre : Pourquoi ? Comment ? Où ? Quoi ? C’est presque drôle. Presque. Parce qu’il a soigneusement oublié LA question essentielle, surtout quand on sait que la commune est endettée au-delà du raisonnable : COMBIEN ? Évidemment, il ne la pose pas. Sans doute parce qu’il ne sait pas y répondre. Et probablement aussi parce qu’il sait très bien que ce projet ne se fera pas. Il y a aussi la question QUAND ? Là, la réponse est simple : à la Saint-Glinglin. Voyons donc le QUOI : 4 terrains de football avec tribunes et vestiaires 1 skate-park 2 boulodromes 1 gymnase d...