Les investissements du maire selon GAT TO !
Il convient, avant de plonger dans l’abîme conceptuel auquel les écologistes, ce rameau turbulent et néanmoins flétri du groupuscule autoproclamé « La gauche construit l’avenir de Lavaur », nous invitent avec l’assurance tranquille des prophètes persuadés d’avoir lu dans le marc de café les Tables de la Loi municipales, de rappeler qu’ils s’ouvrent, eux, tels des missionnaires du bon goût démocratique, en déclarant d’un ton qui hésite entre la componction jésuite et la ferveur d’un professeur Montessori :
« les citoyens ne sont pas des enfants qui attendent que des adultes dominants montrent le chemin ; nous ouvrons le dialogue où chacun a droit à la parole. Une autre idée de la démocratie. »
Las ! Une autre idée de la démocratie, certes, mais pas la leur, puisque, le verbe haut et la morale en bandoulière, ils se comportent avec une telle vigueur tutélaire qu’on croirait assister non à l’émergence d’un débat collectif, mais à la récitation appliquée d’un catéchisme vert où chacun doit, sous peine d’excommunication civique, adhérer à leurs visions, à leurs certitudes, et à leurs indignations prêtes-à-porter.
Et voici donc que, mus par une inspiration sans doute puisée dans
quelque polycopié de première année d’économie municipale, ils
s’en vont fustiger l’investissement du maire. Non pas
l’investissement au sens large, non, trop simple ! Trop vaste !
Trop concret !
Ils réduisent la notion d’investissement
communal, ce pilier de la gestion publique, ce roc sur lequel
repose l’avenir des villes, ce fleuve nourricier d’équipements,
d’infrastructures, d’améliorations durables, à… trois
opérations immobilières. Trois.
Bel Air, avenue Malroux, ancien
hôtel de ville. Trois cailloux, qui feront leur montagne.
Or, chacun sait, et même un étudiant distrait de l’ENA, un
jour de pluie, en aurait l’intuition, que l’investissement communal englobe :
– les acquisitions de biens durables,
véhicules, matériel informatique, mobilier urbain,
– les
constructions et aménagements qui structurent, pour des décennies,
la vie de la cité : médiathèque, salles de sport, cinéma,
agrandissement d’écoles,
– et l’immense famille des travaux
d’infrastructure, pavage, réseaux d’assainissement, pistes
cyclables, tout ce qui façonne la mobilité, le cadre de vie, la
cohésion d’un territoire.
De tout cela, pas un mot. Pas un souffle. Pas une virgule.
Comme
si un médecin, chargé de faire le bilan de santé d’un patient,
se bornait à examiner son auriculaire gauche.
Nous étions habitués, certes, avec ce cénacle de bricoleurs dominicaux, les écolos, bricolos, rigolos de GAT TO, à des lectures un peu myopes, un peu inclinées, un peu “bout de lorgnette”. Mais cette fois-ci, ils ont oublié jusqu’au cache de l’objectif : l’image est trouble, bancale, presque surréaliste.
Arrive alors la trouvaille conceptuelle : un investissement, selon
eux, se caractériserait… par son impact sur plusieurs années.
Que
voilà une vue hardie, audacieuse, téméraire, mais, hélas,
parfaitement dépourvue de sens.
Car ce qui caractérise
l’investissement, ce n’est pas qu’il dure, c’est qu’il
enrichit, moralement, matériellement,
structurellement, celui qui le réalise.
L’impact temporel
n’est pas un critère, mais un effet qui ne concerne que les emprunts. Confondre l’un avec l’autre
revient à définir un cheval par la longueur de sa queue.
Et, guidés par cette boussole cassée, les voilà qui avancent des “démonstrations” dont l’imbécillité répétée devient, à force, une signature, un style, une sorte de label AOC de la réflexion approximative.
L’achat de l’immeuble de l’avenue Augustin Malroux ? Une
bonne affaire pour trois personnes : le vendeur, ravi ; le locataire,
enchanté ; et le futur acquéreur, béni.
Le maire, lui, déduit
la valeur des loyers de la valeur vénale, argument qui ne tromperait
même pas un enfant de chœur distrait, mais qui, miracle ou mystère,
n’a pas provoqué la moindre réaction de l’opposition pourtant
présente.
Bel Air ? Reprise du même schéma, avec cette constante
réjouissante : le seul dindon de la farce demeure la commune
elle-même.
Mais quelle idée saugrenue de prétendre analyser la
politique d’investissement à travers ce seul prisme immobilier !
C’est un contre-sens, une réduction grotesque, une erreur de
catégorie qui ferait s’étrangler Aristote dans sa tombe.
Quant à la vente de l’ancien hôtel de ville, opération, elle, véritablement favorable et financièrement opportune, ils la citent pour faire bonne mesure, comme on jette une cacahuète aux singes pour éviter qu’ils ne crient trop fort.
Et, pour achever ce tableau déjà pittoresque, ils nous offrent
une leçon d’économie sur le financement des investissements,
mélange flou alors qu'il est limpide : autofinancement, dotations et emprunts.
Leur schéma est, lui, dépourvu de proportions, de
hiérarchie, de compréhension réelle.
On dirait un élève qui
récite, avec application, une poésie qu’il n’a pas comprise,
les yeux rivés au plafond pour éviter que l’instituteur ne
découvre le pot aux roses.
Ainsi vogue l’opposition, telle une embarcation bancale lancée dans un brouillard perfide, décochant des flèches sans s’assurer ni de la présence de pointes, ni même de la direction.
Vivement demain, et une nouvelle révélation de ce calibre, qui
viendra enrichir, au moins sur le plan comique, la chronique
municipale.

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