“La procédure Carayon™ : ou l’art de gouverner sans débattre”
Il y a des jours où l’on se dit que le mot procédure
devrait être classé substance dangereuse lorsque le maire de Lavaur
y appose sa signature.
Une procédure signée Carayon™, c’est un
peu comme un plat lyophilisé de cantine : fade, opaque, et surtout
indigeste.
Et pourtant, voilà qu’on nous sert, avec le sourire,
l’“approbation du PLU” à la hâte, comme si tout cela n’était
qu’une formalité bouclée entre deux inaugurations et une vidéo
Facebook.
De quoi être furax, évidemment.
Mais la fureur tourne vite à
la résignation lorsqu’on se rappelle que l’opposition, notre
opposition municipale !, ne fera strictement rien.
Elle baissera
la tête, comme à son habitude. Ou elle fera semblant en posant des question et en ne comprenant pas les réponses.
La colonne vertébrale d’une
méduse, c’est du béton comparé à leur posture politique.
Car cette histoire du PLU, on la connaît.
On pourrait écrire
un feuilleton : “La Procrastination Majeure appliquée à
l’urbanisme”. On y retrouverait un maire repoussant,
repoussant, puis repoussant encore, jusqu’à ce que la situation
devienne suffisamment absurde pour qu’il faille précipiter les
choses dans l’urgence la plus totale. Du Carayon pur jus.
Rappel des faits de la seconde enquête :
– Enquête publique clôturée le 22
novembre 2024.
– Avis final du commissaire enquêteur
rendu le 19 mars 2025.
– Et depuis, le cabinet
conseil planche laborieusement sur 64 recommandations
émanant des services de l’État, du public et de la MRAe.
Neuf
mois d’attente. Neuf mois de silence. Neuf mois de gestation
bureaucratique.
Et là, soudain, miracle !
Le maire découvre l’existence du
temps. Et il octroie sans trembler aux conseillers cinq jours, cinq !, pour analyser
la nouvelle mouture du PLU avant de passer à l’approbation.
Cinq jours pour engager l’avenir de Lavaur pendant des
décennies.
Cinq jours pour absorber des centaines de pages
d’analyse, de cartes, de justifications, de prescriptions.
Cinq
jours pour étudier ce que lui-même a laissé maturer neuf mois dans
un silence obstiné.
C’est proprement scandaleux.
“l’option du rejet n’est pas une option”, puisque
l'ordre du jour porte « approbation du PLU »
Ah,
la belle phrase doctrinaire ! On croirait entendre un directeur de
conscience, pas un maire républicain. Il ne propose pas : il intime.
Il ne consulte pas : il transmet. Il ne débat pas : il presse. La
démocratie locale réduite à un bouton “OK” sur un écran mal
éclairé.
Pourtant, les conseillers municipaux, s’ils respectent encore
un tant soit peu leurs électeurs, ont le devoir absolu
d’exiger un report.
Ils ont le devoir de réclamer une
séance dédiée, publique, documentée, où le cabinet conseil
viendrait présenter les modifications, répondre, argumenter,
éclairer.
Ils ont le devoir d’exiger que l’on traite le PLU
comme ce qu’il est : le document fondateur de l’avenir de
Lavaur, pas un ticket de caisse qu’on tamponne à la
va-vite.
Refuser ce débat, c’est trahir la ville.
L’accepter sans
broncher, c’est trahir la démocratie.
Et si l’opposition reste silencieuse… alors il faudra se souvenir longtemps que, ce jour-là, à Lavaur, la majorité et ceux qui prétendaient la contester auront choisi ensemble la soumission.
L'ensemble des recommandations sont à l'adresse suivante :
https://drive.google.com/file/d/10wMPSW7xuFVedMzHEoToiLLsvf8pc0Z2/view?usp=sharing

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