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MUNICIPALE - 6 - L’art de partir avant l’addition

Bien que pas franchement déclarée aujourd'hui, la non candidature du maire ne peut être un scoop.

Mieux que personne, il connaît la situation de la commune, et l'ampleur de la tâche ingrate qui attend le prochain maire !

Il imagine, sans doute, très bien ce que serait le rapport d'observations de la CRC... la synthèse est édifiante !

"CHAMBRE RÉGIONALE DES COMPTES"

Rapport d’observations définitives – Extrait (fiction)

Commune de Lavaur
Exercices 2018 à 2024


I. Situation financière d’ensemble

La situation financière de la commune de Lavaur présente un niveau de dégradation significatif et très alarmant.

La capacité d’autofinancement brute est très insuffisante pour faire face aux charges structurelles et aux engagements d’investissement, en outre elle se dégrade.
Le recours à l’emprunt a constitué un mode de financement récurrent, sans trajectoire crédible de désendettement.

La Chambre observe que la soutenabilité financière de la commune est désormais compromise à court terme en l’absence de mesures correctrices substantielles.


II. Endettement

L’encours de dette a connu une progression exceptionnelle sur la fin de la période examinée.

Les choix d’investissement n’ont pas été accompagnés d’une analyse préalable de leur impact sur les équilibres financiers à moyen et long terme.
La commune ne s’est pas dotée d’un plan pluriannuel d’investissement (PPI) conforme aux bonnes pratiques de gestion publique malgré les recommandations de la Chambre lors des derniers contrôles.

La Chambre considère que l’endettement actuel résulte moins d’événements exogènes que de décisions discrétionnaires.


III. Gestion des investissements

Plusieurs opérations structurantes ont été engagées sans hiérarchisation des priorités ni articulation avec les capacités financières réelles de la collectivité.

L’opération dite « Bel Air » illustre une logique d’intervention patrimoniale dont la rentabilité économique et l’intérêt général n’ont jamais été établis.

La Chambre relève que cette opération a contribué à alourdir durablement la charge financière de la commune.


IV. Infrastructures et patrimoine

L’état du patrimoine communal, notamment routier et immobilier, révèle un sous-investissement chronique dans l’entretien courant.

La Chambre observe un décalage entre les dépenses engagées en fin de période et l’absence de stratégie globale de gestion du patrimoine.

Les interventions tardives ne sauraient compenser l’absence de programmation antérieure.


V. Gouvernance et processus décisionnels

La gouvernance de la commune est caractérisée par une forte centralisation des décisions.

Le rôle délibératif du conseil municipal apparaît limité, les documents soumis au vote étant largement stabilisés en amont.

La Chambre rappelle que cette pratique, si elle n’est pas illégale en soi, réduit la qualité du débat démocratique et accroît le risque d’erreur de gestion.


VI. Charges de fonctionnement

Les dépenses de fonctionnement, et notamment les charges de personnel, présentent une rigidité structurelle élevée.

La Chambre souligne que les hypothèses de régulation fondées sur les seuls départs naturels sont insuffisantes pour rétablir les équilibres financiers.

Une révision des politiques de subventionnement devra être envisagée.


VII. Perspectives et recommandations

La Chambre estime que la future mandature devra prioritairement :

  • rétablir une trajectoire financière soutenable,

  • définir un plan pluriannuel d’investissement réaliste,

  • engager des mesures impopulaires mais nécessaires en matière fiscale et budgétaire.

Elle souligne que ces ajustements résultent des choix passés et non d’une dégradation conjoncturelle récente.


Conclusion

La commune de Lavaur se trouve à un point de bascule.

La Chambre considère que la période contrôlée se clôt sur un héritage financier contraint, laissant à la future équipe municipale une marge de manœuvre extrêmement réduite.

La Chambre prend acte.

Commentaires

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Il n'a pas serré trop fort

Plus qu'une décision pour atténuer les conséquences financières désastreuses de ses opportunités fantastiques", c'est pure démagogie la décision de diminuer de 5 % les indemnités de fonction du maire, adjoints et conseillers délégués. L'idée vient du maire ? Attachons nous à en voir l'impact pour le maire ! Sur 2024 le maire, conseiller régional et conseiller communautaire a perçu 91 574,16€ brut, pour avoir un ordre d'idée c'est plus de  4,5 fois le SMIC, encore faut-il préciser que c'est pour 35 heures travaillées le SMIC... Il va donc rabattre 5 % sur l'indemnité de maire... 2000€ environ, il ne percevra plus que 89 000€. Je ne vais évidemment pas proposer d'ouvrir une cagnotte letchi, ni sortir mon mouchoir !  Mais il est intéressant de s'interroger sur ce que disent les textes puisque les indemnités sont fixées en rapport avec l'indice maximum brut le plus élevé de la fonction publique. Pour le maire ce taux est de 65% (brut 2671€/...

Deux poids, deux mesures...

 Je vous parlais dans mon dernier article du sacrifice du maire (et de ses adjoints et autres conseillers) quant à ses indemnités de maire. Pensez donc - 5% .   Quel sacrifice ! Quelle volonté de participer à l'effort budgétaire ! Moins grand tout de même que celui imposé aux associations : - 19% , avec un marquage différent selon les catégories d'associations. Je parle ici de la diminution qui s'est produite en moins d'un quart d'heure : entre le non vote du budget et l'exposé sur les attributions aux associations d'une subvention. Selon que votre activité pointe vers les sports, - 6 % ou l'éducation - 22 %, voire les "divers" avec une mention particulière pour l'amicale des personnels de la mairie (- 20 %) vous serez  plus ou moins participatifs à l'effort. Etonnant pour le sport qui devrait être habitué aux efforts ! AH ! Démagogie quand tu nous tiens, quand tu le tiens !

Association, l'alibi pour une acquisition scélérate !

Cet enfumage du maire plonge dans une grande tristesse... Puis vient le temps de la réflexion, cet état qui précède la réaction ! Non, ce n'est pas possible de laisser faire une telle chose, je suis même très étonné que TOUS les conseillers de la majorité présents aient accepté sans broncher ! PAS UN SEUL CONSEILLER DE LA MAJORITÉ POUR POSER UNE QUESTION... Ils seront face à l'électorat dans un peu plus d'un an, ils sont comptables devant les vauréens de leurs actions et de leurs inactions ! PAS UN pour interroger sur la composition de l'immeuble, PAS UN pour s'inquiéter du financement, PAS UN pour s'informer de la répartition imaginée, PAS UN pour questionner sur le devenir de l'immeuble de la SCI ATHENA acheté 225 000 € en 2020 et qui, je cite "présente un intérêt stratégique patent" puisque qu'au cœur d'activités sportives et artistiques selon les déclarations du maire lors de la réunion du CM du 5 décembre 2019, PAS UN pour rappeler...