Naissance d’une quatrième liste ?
À Lavaur, l’arithmétique électorale est d’une cruauté limpide :
divisez l’opposition en deux, et la majorité sortante gagne sans même transpirer.
Ce n’est pas une stratégie, c’est une habitude locale, presque un folklore.
Bien sûr, on nous dira que la solution serait la fusion.
Mais encore faudrait-il accepter de raboter les égos, d’abandonner les postures, de travailler sur un projet réaliste, dans une ville financièrement cabossée, politiquement usée et administrativement sous perfusion après trente ans de carayonisme intensif.
Car soyons clairs :
il ne s’agit plus d’« inventer Lavaur de demain »,
il s’agit de gérer les gravats de Lavaur d’hier.
Pas simple ?
Non...
Difficile ?
Oui...
Insurmontable ?
Certainement, dès lors que l’envie d’être maire l’emporte sur la capacité à dire la vérité.
Bel Air, ou le monument aux illusions
Prenons un exemple, au hasard, bien sûr.
Un an après l’achat de Bel Air :
-
moins de 10 % des 5 400 m² sont réellement affectés,
-
les charges courent joyeusement,
-
les contrats de maintenance sont renouvelés par automatisme,
-
l’assurance pèse sur le contribuable,
-
et que les 5 000 m² restants attendent toujours une idée, un projet, une phrase.
Pendant ce temps, les emprunts, eux, ne procrastinent pas.
Les intérêts plombent le budget.
L’équilibre financier devient un mirage.
Et le cinquième de l’encours de la dette municipale dort dans un bâtiment vide.
Non, ce n’est pas une obsession.
C’est un nœud central, une erreur magistrale, un sujet que tous les programmes devront traiter sans détour.
Bel Air est un problème :
-
démocratique, parce que les citoyens paient et n’ont jamais décidé ;
-
économique, parce que la dette n’est pas conceptuelle, elle est annuelle ;
-
urbain, parce qu’on ne greffe pas impunément un paquebot excentré sans desserte ni vision.
Les programmes qui contourneront ce sujet seront hors-jeu.
Ceux qui promettront sans chiffrer mentiront.
Et ceux qui parleront de développement sans parler d’absorption de cette gabegie pratiqueront la politique de l’autruche, tête dans le sable, dettes à l’air.
La quatrième liste, celle de la vérité qui fait mal ?
La quatrième liste ne serait pas une addition.
Elle serait une soustraction :
-
moins de slogans,
-
moins de fantasmes,
-
moins de communication verticale.
Elle proposerait une autre dimension :
celle de la démocratie éclairée,
de la franchise budgétaire,
de la communication qui partage au lieu d’imposer.
Elle ferait mal, oui.
Surtout à celles et ceux qui préfèrent ne rien voir, ne rien dire, ne rien chiffrer,
et continuer comme avant, jusqu’au prochain mur.

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