Déclaration d’amour, suite et variations
Le maire vient donc de se déclarer candidat à sa réélection.
Ce n’est une surprise pour personne.
Pas plus que ne le sont ses propos.
« J’aime ma ville de manière charnelle. »
Je n’en ai jamais douté.
Il ne peut, de toute évidence, l’aimer de manière intellectuelle.
Sa gestion relève bien davantage de l’instinct.
Du ressenti.
Du on verra.
Notre maire serait par ailleurs « visionnaire », selon une adjointe reconduite.
Curieuse acception du mot.
Car selon les dictionnaires, un visionnaire est une personne capable d’anticiper l’avenir.
Or nous le savons tous, puisqu’il nous l’a dit et redit
« on verra »,
« au fur et à mesure »,
« c’est la prochaine municipalité qui fera ».
Une forme de vision, certes.
Mais toujours reportée à plus tard.
Et surtout aux suivants.
Après la magie budgétaire, les dossiers montés en toute discrétion, les annonces opportunément révélées au bon moment, nous voilà donc face à une candidature qui s’inscrit dans la plus parfaite continuité.
Même méthode.
Même spontanéité.
Même foi dans l’improvisation.
Le maire se présente à nouveau, à la tête d’une liste dite apolitique.
Apolitique, bien sûr.
Mais solidement campée.
Et parfaitement orientée.
Comme quoi, on peut aimer sa ville de manière charnelle, gouverner à l’instinct, remettre l’avenir à plus tard…
et s'imaginer visionnaire.
Il fallait simplement y croire.

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