Recettes : l’impôt comme perfusion
Le budget des recettes de fonctionnement de Lavaur repose, au-delà des lignes habituelles, sur un pilier massif : la fiscalité directe.
En 2025, elle est prévue à 7 680 760 €, pour un taux communal de 61,11 %.
Un simple calcul permet de comprendre l’enjeu : un point d’impôt rapporte environ 125 000 €.
À lui seul, le remboursement annuel du capital et des intérêts de Bel Air représente près de 5 % des taxes locales. C’est une donnée structurante. Elle permet d’envisager une hypothèse de travail simple :
effacer progressivement cette acquisition sans avenir, libérer une capacité d’emprunt… tout en conservant un encours de dette déjà insupportable.
Pendant trois ans, le maire s’est félicité de ne pas augmenter les impôts.
Position qu’il qualifie désormais lui-même de… stupide.
Et comme seuls les imbéciles ne changent pas d’avis, nous avons donc affaire à un maire d’une grande intelligence rétrospective.
Reste un fait têtu : ce gel fiscal “stupide” a contribué à placer Lavaur sur le podium des communes les plus endettées de sa strate.
Les autres recettes : peu de leviers… au moins un !
En dehors de la fiscalité, les marges de manœuvre sont faibles.
Une exception toutefois mérite toute notre attention : la ligne 752 – revenus des immeubles.
Les chiffres interpellent :
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Réalisé 2024 : 494 000 €
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Prévision 2025 : 886 000 €
Soit + 392 000 € d’un coup... Un coup de Bel Air pour partie : loyer de 292 000€ versé par la fondation Fabre en attendant la prise de possession en septembre 2025 !
Cette somme ne sera plus en 2026...
Une inflation (150 000€) d’autant plus surprenante puisque les équipements confiés à ESL génèrent environ 443 000 €, que la commune vend des immeubles, et que Bel Air n’est pas destiné à la location.
Cette ligne mérite autre chose qu’un haussement d’épaules :
un œil averti, des explications précises, et un minimum de transparence.
Et la mise en place d'une comptabilité analytique sincère... savoir ce que coute réellement les gratuits !
Je veux dire la mise à disposition gracieuse de locaux (chauffés...) aux associations a un coût, il est indispensable de la connaître et que les associations soient informées (mention dans la convention de prêt) cela responsabilise et permet de construire l'autosuffisance.
L’investissement : le grand flou artistique
Le budget des recettes d’investissement n’est pas plus rassurant.
Il est marqué par un recours massif à l’emprunt : 4 554 500 € sur un total d’environ 11,5 M€ de recettes.
Et surtout par cette mention sidérante :
« Provision d’emprunt pour équilibre en attente de nombreuses nouvelles recettes, non notifiées à ce jour ».
Il faut un sacré toupet pour écrire cela.
Et une médiocrité certaine pour l’accepter sans broncher.
Dans ce registre, « Lavaur Citoyenne » s’est illustrée par une nonchalance confondante, ou une incompétence assumée. Ce qui n’augure rien de bon pour sa version recyclée, « Changeons Lavaur », malgré ses proclamations d’expertise autoproclamée.
Un peu d’humilité serait bienvenue.
Mais ce n’est manifestement pas dans l’ADN de ces bobos-écolos convaincus de savoir parce qu’ils sont.
Conclusion : là où tout se joue
C’est ici, dans les recettes, que se décide l’avenir de la ville, car c'est à partir de là que se décide les dépenses.
Il existe des leviers.
Mais ils exigent des choix, du courage politique, et surtout de la concertation réelle :
commissions, sous-commissions, citoyens, projets structurants.
Il existe aussi des outils à manier sérieusement.
Le PLU, par exemple, n’est pas un décor de campagne, mais un levier stratégique majeur pour autant que soit procédé à sa révision pour pallier la médiocrité de ce qui a été approuvé.
Encore faut-il vouloir gouverner.
Et pas simplement se la péter !
La politique, ce n’est pas dire qu’on sait.
C’est prouver qu’on fait.


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