Les dépenses de fonctionnement constituent, chacun le sait, un champ privilégié d’optimisation.
Dans toute collectivité normalement administrée, la modernisation des tâches, l’informatisation des services et la rationalisation des procédures conduisent mécaniquement à des gains d’efficacité… et donc, à terme, à une stabilisation, voire une diminution des effectifs.
C’est un principe élémentaire de gestion publique.
Un principe simple.
Un principe… théorique.
Car à Lavaur, la modernisation a produit un phénomène rare : l’effet inverse.
Lorsque le maire actuel prend les commandes, la mairie compte 138 agents, dont 15 contractuels.
Trente ans plus tard, après trois décennies d’outils numériques, de logiciels, de procédures dématérialisées et de “modernisation”, l’effectif atteint… 200 agents.
Soit +50 %.
Une performance.
Le détail mérite attention : les contractuels sont passés de 15 à 44.
Une hausse de près de 200 %.
On appellera cela, selon les goûts, une politique de ressources humaines… ou une remarquable stratégie de fidélisation électorale.
Naturellement, toute remarque à ce sujet sera qualifiée de “mauvaise langue”.
Pourtant, les chiffres sont têtus : en 2024, les frais de personnel dépassent 8,6 millions d’euros, sur un total de 16,37 millions de dépenses de fonctionnement.
Plus d’un euro sur deux.
C’est sans doute cela que l’on appelle, ici, la gestion prévisionnelle des ressources humaines.
Le maire assure que les départs à la retraite permettront, avec le temps, de réduire les effectifs.
Autrement dit : ne rien faire, laisser passer les années, et appeler cela une stratégie.
La langue de bois a ceci de confortable qu’elle dispense d’agir.
Elle permet aussi de préserver soigneusement ce qui compte :
– les effectifs,
– les associations,
– les clientèles fidèles.
Quant aux “vieux”, ils disparaissent naturellement, ce qui règle le problème sans décision politique. L’efficacité administrative poussée à son paroxysme.
La future maire n’aura pas le luxe de ces contorsions.
Elle devra mettre en place une véritable politique des ressources humaines :
– analyser les missions,
– redéployer les compétences,
– ajuster les effectifs aux besoins réels,
– équilibrer missions et rémunérations.
Non pas nécessairement en “coupant des têtes”, mais en déplaçant intelligemment les moyens, en cessant de confondre emploi public et outil électoral.
Car espérer une ville qui se projette dans l’avenir ne relève pas de la castration idéologique.
Cela s’appelle simplement la gestion.

« ajuster les effectifs aux besoins réels », que voulez vous dire par la, pouvez vous préciser ?
RépondreSupprimerIl faut dans un premier temps à partir de l'audit des services en fonction d'une réorganisation des missions estimer les besoins en personnel, voilà ce que cela veut dire, et il n'y a pas de recette toute faite, le conseil doit travailler sur ce sujet dans la ligne fixée lors de sa campagne.
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