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MUNICIPALE - FINANCES 1

Chronique – Le budget, ou l’art de gérer à l’aveugle

L’examen des comptes n’est pas une option.
C’est le passage obligé de toute construction programmatique sérieuse.

À Lavaur, ce passage existe… mais il mène rarement quelque part.

Car ce qui frappe, ce n’est pas tant le niveau des dépenses que l’anarchie dans laquelle se fabrique le budget, pourtant censé découler d’un Rapport d’Orientation Budgétaire, lui-même issu d’un Débat d’Orientation Budgétaire. En théorie.

En pratique, la Chambre Régionale des Comptes a été limpide :
absence de prévisions, absence de programmation, absence de cap.
Les décisions de financement ne relèvent pas d’une stratégie politique clairement assumée, mais d’initiatives prises au fil de l’eau, souvent par les services, au gré de constats ponctuels sur le terrain.

Pour ce qui est des documents structurants :

Pas de P.P.I.
Une GPRH fantaisiste

Sur un exercice, passe encore.
Sur plusieurs années, et sur plusieurs mandatures, les dégâts deviennent structurels.

Un budget sérieux ne s’improvise pas.
Il doit être la traduction financière d’un projet politique débattu, travaillé, confronté.
Les orientations budgétaires doivent découler d’un véritable travail en commissions, en comités, en sous-commissions. C’est lourd, oui. Mais c’est le prix de la gouvernance.

Soyons clairs :
la première année de mandature ne sera pas une année de miracles.
Elle sera une année de transition, consacrée à la mise en place d’indicateurs fiables et d’une lecture honnête de la situation.

Promettre une révolution financière dès le lendemain des élections serait au mieux naïf, au pire malhonnête.

En revanche, constituer immédiatement des pôles de compétence pour mesurer l’héritage est une obligation politique.

Car en se présentant aux suffrages des électeurs, on accepte cet héritage.
Il est réputé connu.
Il est réputé assumé.
Faire avec n’est pas une option : c’est le destin de la future maire.

Avant d’entrer dans le détail des grandes masses budgétaires, arrêtons-nous sur un mot fétiche : la dette.

On lui a fait dire tout et n’importe quoi.
30 millions selon certains écologistes manifestement peu familiers des finances publiques et sans doute des chiffres tout court.
27,5 millions selon une candidate plus prudente.

La réalité est plus prosaïque :
la dette de Lavaur en 2026 s’établit à 25,873 millions d’euros.

L’encours diminue d’un peu plus de 2 millions d’euros par an.

Peut-on gouverner sans emprunter pendant plusieurs années ?

Oui.
Mais ce choix a des conséquences très concrètes sur la vie de la cité.

LE BUDGET - LES RECETTES DE FONCTIONNEMENT

Je ne parlerai pas du budget dans sa section recettes d'investissement... Même pas un brouillon, un torchon dans lequel on trouve bien sûr les emprunts Bel Air, mais Bel Air on le trouve partout surtout dans les postes de dépenses !

Il faut, dans le cas de gel des emprunts, fonctionner notamment avec les recettes de fonctionnement :
environ 15,5 millions d’euros en 2025, composées pour moitié de contributions directes, le reste provenant des dotations de l’État, des revenus fonciers et de diverses redevances.

Les leviers existent.
Les revenus fonciers, à déployer, c'est la valorisation du patrimoine.
Les contributions directes, surtout... autrement dit la taxe foncière.

Et c’est ici que le discours politique doit cesser d’être incantatoire.

Car augmenter les recettes, c’est toujours faire payer quelqu’un.
L’État n’a plus les moyens d’abonder ses dotations.
Donc, sauf innovation réelle, cela viendra de nos poches.

À moins et c’est là que commence la politique :
d’être capable d’imagination,
de sortir des raisonnements pavloviens,
et de penser enfin un modèle de gestion qui transforme les contraintes, notamment Bel Air, non plus en fardeau récurrent mais en levier structurant.

Mais ceci est une autre chronique.


Commentaires

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Il n'a pas serré trop fort

Plus qu'une décision pour atténuer les conséquences financières désastreuses de ses opportunités fantastiques", c'est pure démagogie la décision de diminuer de 5 % les indemnités de fonction du maire, adjoints et conseillers délégués. L'idée vient du maire ? Attachons nous à en voir l'impact pour le maire ! Sur 2024 le maire, conseiller régional et conseiller communautaire a perçu 91 574,16€ brut, pour avoir un ordre d'idée c'est plus de  4,5 fois le SMIC, encore faut-il préciser que c'est pour 35 heures travaillées le SMIC... Il va donc rabattre 5 % sur l'indemnité de maire... 2000€ environ, il ne percevra plus que 89 000€. Je ne vais évidemment pas proposer d'ouvrir une cagnotte letchi, ni sortir mon mouchoir !  Mais il est intéressant de s'interroger sur ce que disent les textes puisque les indemnités sont fixées en rapport avec l'indice maximum brut le plus élevé de la fonction publique. Pour le maire ce taux est de 65% (brut 2671€/...

Deux poids, deux mesures...

 Je vous parlais dans mon dernier article du sacrifice du maire (et de ses adjoints et autres conseillers) quant à ses indemnités de maire. Pensez donc - 5% .   Quel sacrifice ! Quelle volonté de participer à l'effort budgétaire ! Moins grand tout de même que celui imposé aux associations : - 19% , avec un marquage différent selon les catégories d'associations. Je parle ici de la diminution qui s'est produite en moins d'un quart d'heure : entre le non vote du budget et l'exposé sur les attributions aux associations d'une subvention. Selon que votre activité pointe vers les sports, - 6 % ou l'éducation - 22 %, voire les "divers" avec une mention particulière pour l'amicale des personnels de la mairie (- 20 %) vous serez  plus ou moins participatifs à l'effort. Etonnant pour le sport qui devrait être habitué aux efforts ! AH ! Démagogie quand tu nous tiens, quand tu le tiens !

Association, l'alibi pour une acquisition scélérate !

Cet enfumage du maire plonge dans une grande tristesse... Puis vient le temps de la réflexion, cet état qui précède la réaction ! Non, ce n'est pas possible de laisser faire une telle chose, je suis même très étonné que TOUS les conseillers de la majorité présents aient accepté sans broncher ! PAS UN SEUL CONSEILLER DE LA MAJORITÉ POUR POSER UNE QUESTION... Ils seront face à l'électorat dans un peu plus d'un an, ils sont comptables devant les vauréens de leurs actions et de leurs inactions ! PAS UN pour interroger sur la composition de l'immeuble, PAS UN pour s'inquiéter du financement, PAS UN pour s'informer de la répartition imaginée, PAS UN pour questionner sur le devenir de l'immeuble de la SCI ATHENA acheté 225 000 € en 2020 et qui, je cite "présente un intérêt stratégique patent" puisque qu'au cœur d'activités sportives et artistiques selon les déclarations du maire lors de la réunion du CM du 5 décembre 2019, PAS UN pour rappeler...