Six ans de mandat dans l'opposition, pour quoi ?
Ils annoncent trois actions.
Trois. C’est peu, mais après tout, la rareté fait parfois la valeur. Voyons donc.
La première ?
Ils se sont posé des questions.
Formidable. On attend avec impatience l’inauguration officielle de la Commission municipale de la Question Profonde. Se poser des questions, ce n’est pas une action : c’est au mieux l’échauffement avant le match, au pire une discipline olympique de salon.
La deuxième ?
Ils ont participé.
Pierre de Coubertin disait que l’important, c’est de participer.
Mais Pierre de Coubertin n’était pas conseiller municipal d’opposition à Lavaur.
En politique locale, “participer”, c’est souvent une façon élégante de dire “être là sans déranger personne”.
Disons-le clairement : c’est confortable, c’est tiède, et c’est surtout très insuffisant.
La troisième ?
Ils ont participé « aux rencontres » élus / domaine de Fontorbe, pour s’assurer que l’épisode des fumées ne se reproduise pas. Là, on monte d’un cran dans l’héroïsme civique : ils étaient dans la pièce.
Et puisque nous parlons de ces réunions, laissez-moi vous raconter ce qui suit.
Je vais vous raconter parce que je n’ai pas seulement entendu parler d'une réunion importante : j’y étais.
Réunion convoquée pour définir les modalités de contrôle, par les mairies, des épandages en période de vent.
Sujet sérieux, enjeu concret.
La justice avait été saisie pour les fumées, notamment par le maire de Lavaur, et le premier !
On pouvait s’attendre à un moment de responsabilité collective.
Las.
Le domaine de Fontorbe a finalement décidé de ne pas venir.
Motif ? La réunion avait pris une dimension qui ne lui convenait pas : trop de monde.
Presque une foule. On ne sait jamais, avec le public, il pourrait avoir des idées.
En leur absence, les maires des communes concernées, en présence du député, ont donc travaillé quand même. Oui, certains ont ce vice.
Des solutions ont été proposées, notamment l’installation d’anémomètres aux abords des parcelles jouxtant les habitations, histoire de ne plus piloter les épandages au doigt mouillé.
Et « Lavaur Citoyenne » dans tout ça ?
Ils étaient là. Ce qui, chez eux, semble déjà constituer une performance.
Ils ne représentaient qu’eux-mêmes.
La commune de Lavaur, elle, était représentée par l’adjointe à l’environnement, qui n’a vu aucun inconvénient à ces installations. Le maire, lui, en décidera autrement.
Quant à « Lavaur Citoyenne », leur contribution restera dans les annales de la discrétion : ils n’ont, à peu près, rien dit.
Si s’asseoir à une table de réunion est une action, alors oui, ils ont été d’un activisme débordant.
Si une action, c’est obtenir un résultat, alors on est plutôt face à une forme d’art contemporain : la performance immobile.
Et tout cela éclaire assez bien leur incapacité à gérer une commune. Car, malgré leurs titres de chefs d’entreprise florissants et de bénévoles exemplaires, le bilan environnemental de « Lavaur Citoyenne » ressemble surtout à un album de photos souvenirs : beaucoup de présence, pas de conséquences.
Ce n’est évidemment pas un laissez-passer pour « Changeons Lavaur ».
Au contraire.
La campagne est bien commencée.
Mais eux continuent surtout à confondre l’action avec le fait d’être sur l’image.

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