Les investissements « structurants »… ou l’ordinaire travesti en exploit
Un maire ordinaire conduit les investissements validés par le conseil municipal, inscrits dans un PPI, présentés au conseil dans le ROB, débattus lors du DOB, planifiés, budgétés, et, en principe, maîtrisés. Bref, il fait son métier.
Ce ne sont pas des dépenses tombées du ciel ni des inspirations nocturnes : ce sont des projets censés donner à la ville une visibilité, un minimum de cohérence, et aux habitants un cadre de vie correct. Rien de très héroïque là-dedans, juste de la gestion.
Il faut donc éviter toute confusion : les agapes médiatiques, les effets d’annonce et les maquettes animées de Carayon n’entrent pas dans cette catégorie. Ça, c’est de la satisfaction d’ego, de la communication et de la propagande, pas de l’investissement structurant.
Si l’on regarde froidement ce qui a réellement structuré Lavaur en trente ans, la liste est finalement assez courte.
On trouve la halle d’Occitanie (5,3 millions d’euros), dont l’utilité s’est étiolée avec le temps, au point qu’il faut aujourd’hui espérer qu’une future équipe lui trouve enfin une vraie vocation.
Le complexe des Clauzades (2,8 millions d’euros), équipement classique, presque banal dans la vie d’une ville de cette taille.
La médiathèque (3 millions d’euros), utile, nécessaire, mais dont la réalisation a surtout illustré une manière très personnelle de décider et de faire.
Et bien sûr la cathédrale Saint-Alain (au moins 2,5 millions d’euros), qui participe à l’image de Lavaur, sans qu’aucun indicateur sérieux ne permette de démontrer la moindre retombée économique pour la ville. De la foi budgétaire, en somme.
Soyons honnêtes : un maire ordinaire aurait très bien pu porter ces projets-là. Il n’y a rien de révolutionnaire, rien d’exceptionnel, rien qui justifie trente ans d’autosatisfaction. C’est même, osons le dire, le minimum syndical pour une commune de cette taille.
Là où Carayon devient “extraordinaire”, ce n’est pas dans le choix des équipements, mais dans la méthode : décider seul, bricoler les montages, avancer au coup par coup, corriger après coup, et présenter le tout comme une vision.
Ces réalisations ont bien sûr été subventionnées, et leur impact sur la dette a été lissé sur la durée du règne sans partage du maire. Mais cela ne change rien à l’essentiel : derrière le vernis des “grands projets”, on trouve surtout de l’ordinaire, géré de façon extraordinairement désordonnée.
Et comme toujours, rassurons-nous :
tout cela sera expliqué… plus tard.

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