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Le maire aux abois...

Il croyait que la messe était dite…

Il s’est trompé d’époque.

L’histoire est assez bien écrite pour qu’on n’ait pas besoin d’innover : les pouvoirs trop longs finissent tous de la même façon. D’abord ils s’installent. Puis ils s’usent. Ensuite ils se crispent. Et, pour finir, ils se raidissent idéologiquement, faute d’avoir encore quelque chose à proposer.

Alors il sort ce qu’il croit être son assurance-vie électorale : l’inauguration.
Le cinéma, le 14 mars 2026.
Les élections, le 15.
Rappelons que cette inauguration devait avoir lieu APRES les élections, et que des portes ouvertes avaient organisées... en attendant. 
Ce n’est pas un hasard. C’est un classique de fin de règne.

Bien sûr, ce n’est pas interdit.
Mais c’est moralement indéfendable. Et politiquement très révélateur.

Le Vauréen n’est pas dupe. Il sait faire la différence entre le plaisir légitime d’une salle neuve et la mise en scène d’un pouvoir usé qui transforme l’argent public en décor de campagne.

Évidemment, il ne parlera pas du prix.
Cinq millions d’euros.
Dont 70 % directement sur le dos du contribuable local.
Il ne parlera pas davantage des conditions d’exploitation, des risques, des contraintes. On aura le ruban, les sourires, les photos. Pas l’addition.

Dans toutes les fins de règne, on retrouve la même mécanique : quand on ne peut plus convaincre, on communique ; quand on ne peut plus rassembler, on se replie sur un camp ; quand on ne peut plus projeter l’avenir, on met en scène le présent.

Et c’est là que le glissement idéologique devient visible.
Le ciottisme n’est pas une péripétie. C’est un symptôme.
Le symptôme d’un pouvoir qui sent que le sol se dérobe et qui préfère s’arc-bouter sur une droite dure que d’affronter le bilan de trente ans de gestion.

Il a vu partir ceux qui ne voulaient plus être associés à cette dérive.
Il a conservé ceux qui l’acceptent.
Il a recruté ceux qui se reconnaissent dans cet apolitisme d'extrême droite.
Comme toujours dans ces moments-là, on ne cherche plus à élargir : on resserre. On ne débat plus : on aligne. On ne gouverne plus : on se défend.

Et pour compléter le décor, on ressort les annonces :
Bel Air, les associations, les médecins…
Toujours sans chiffrage complet. Ni pour l’achat (4 millions), ni pour les travaux, ni pour l’entretien, ni pour le fonctionnement. La vieille recette des pouvoirs fatigués : promettre beaucoup, chiffrer peu, faire payer plus tard.

Il parle de fébrilité. Pour une fois, il ne se trompe pas.
La fébrilité est dans son camp.
C’est celle des régimes en bout de course, qui confondent encore l’agitation avec l’élan, et la mise en scène avec l’action.

Le 15 mars, au lendemain de l’inauguration, on pourra compter.
Compter ceux qui auront choisi la continuité d’un système épuisé.
Ceux qui auront compris qu’un pouvoir en fin de règne, quand il se durcit, ne se réforme plus : il se retranche.
... et puis les naïfs.

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