Accéder au contenu principal

Le style de pouvoir

Ils ne peuvent pas l’ignorer.

Le maire sortant revendique désormais publiquement ses affinités avec la ligne portée par Éric Ciotti. Ce n’est plus une rumeur, ni une interprétation : ce sont ses propres déclarations. Chacun peut en juger.

En 2020, l’étiquette était celle d’une droite classique, inscrite dans le cadre des Républicains. L’ambiguïté permettait encore une lecture large : droite républicaine, sensibilités variées, alliances traditionnelles.

Aujourd’hui, les choses sont plus claires. Le positionnement s’est durci. Les prises de position nationales ont des conséquences locales. On ne peut pas, d’un côté, afficher des choix politiques marqués et, de l’autre, se réfugier derrière un “apolitisme” commode.

Les colistiers savent sur quelle ligne ils s’engagent. Ils acceptent de s’inscrire dans cette orientation. Ils en assument donc, de fait, la portée politique.

Le vrai sujet n’est pas l’étiquette. Le vrai sujet, c’est la manière de gouverner.

Depuis trente ans, le pouvoir municipal fonctionne sur un principe simple : la décision descend, elle ne se construit pas. Les projets naissent dans un bureau, pas dans un débat. Le conseil municipal n’est pas un lieu de confrontation d’idées, mais un espace de validation.

La méthode est connue :
annonce rapide, effet d’affichage, communication maîtrisée, puis passage en force si nécessaire.
Le débat ? Accessoire.
L’opposition ? Tolérée.
La contradiction ? Rarement bienvenue.

Ce n’est pas un accident. C’est une culture de pouvoir.

Une culture où l’on confond efficacité et autorité.
Une culture où l’on considère que gouverner, c’est décider seul.
Une culture où la loyauté prime sur l’indépendance d’esprit.

Dans ce système, les colistiers ne sont pas des contrepoids.
Ils sont des soutiens.
On ne les choisit pas pour questionner, mais pour accompagner.
On ne leur demande pas d’amender, mais d’adhérer.

Et lorsqu’un projet surgit, plaine des jeux, maison des associations, équipement structurant, il ne résulte pas d’une co-construction. Il procède d’une impulsion personnelle. L’addition, elle, est collective.

Le problème n’est donc pas idéologique au sens partisan. Il est institutionnel.

Trente ans d’un pouvoir concentré finissent par produire une habitude :
Celle de gouverner sans partage.
Celle de considérer que l’on incarne la ville.
Celle de croire que la longévité vaut légitimité.

Mais la démocratie locale n’est pas un bail à vie.
Elle suppose respiration, contradiction, contrôle.

À Lavaur, le choix n’est pas entre des étiquettes.
Il est entre deux conceptions du pouvoir :
le pouvoir vertical et le pouvoir partagé.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Chronique – Coup de colère : la gauche bien gauche !

Non, non… je ne m’acharne pas sur « Changeons Lavaur ». D’abord parce que je ne m’acharne jamais gratuitement. Ensuite parce que la gauche, c’est toute ma vie. Justement. Ils ne sont pas de gauche. Pas un peu, pas maladroitement : pas du tout . Et, paradoxe cruel, parfois encore moins que l’autre liste. Cette situation me rappelle une vieille histoire locale : la campagne du docteur Cayla, sabordée non par la droite, mais par ses “amis” de gauche. L’histoire bégaie. Toujours. La gauche version 2026 cumule les handicaps : – des accointances macronistes jamais digérées, – une incapacité chronique à rassembler toute la gauche, – et cette posture étrange qui consiste à vouloir incarner l’alternative sans jamais assumer l’opposition. Résultat prévisible : division, partage des voix, et boulevard pour la droite. Ils en porteront la responsabilité politique entière. Car enfin, quelle opposition ont-ils été ? 95 % des délibérations votées avec la majorité. 95 %. Ce n’est pas u...

Association, l'alibi pour une acquisition scélérate !

Cet enfumage du maire plonge dans une grande tristesse... Puis vient le temps de la réflexion, cet état qui précède la réaction ! Non, ce n'est pas possible de laisser faire une telle chose, je suis même très étonné que TOUS les conseillers de la majorité présents aient accepté sans broncher ! PAS UN SEUL CONSEILLER DE LA MAJORITÉ POUR POSER UNE QUESTION... Ils seront face à l'électorat dans un peu plus d'un an, ils sont comptables devant les vauréens de leurs actions et de leurs inactions ! PAS UN pour interroger sur la composition de l'immeuble, PAS UN pour s'inquiéter du financement, PAS UN pour s'informer de la répartition imaginée, PAS UN pour questionner sur le devenir de l'immeuble de la SCI ATHENA acheté 225 000 € en 2020 et qui, je cite "présente un intérêt stratégique patent" puisque qu'au cœur d'activités sportives et artistiques selon les déclarations du maire lors de la réunion du CM du 5 décembre 2019, PAS UN pour rappeler...

La plaine des mirages

 Pourtant, ce n’est pas Noël… et ce n’est pas encore le 1er avril. Et voilà que le maire extraordinaire nous dévoile le grand projet de sa candidature : LA PLAINE DES LOISIRS ET DES SPORTS Je passe les détails de la “consultation citoyenne” sur ce projet grandiose. Il n’y en a pas eu. Le maire vient cependant au-devant du citoyen en posant lui-même les questions… auxquelles il s’empresse de répondre : Pourquoi ? Comment ? Où ? Quoi ? C’est presque drôle. Presque. Parce qu’il a soigneusement oublié LA question essentielle, surtout quand on sait que la commune est endettée au-delà du raisonnable : COMBIEN ? Évidemment, il ne la pose pas. Sans doute parce qu’il ne sait pas y répondre. Et probablement aussi parce qu’il sait très bien que ce projet ne se fera pas. Il y a aussi la question QUAND ? Là, la réponse est simple : à la Saint-Glinglin. Voyons donc le QUOI : 4 terrains de football avec tribunes et vestiaires 1 skate-park 2 boulodromes 1 gymnase d...