« Lavaur l’heureuse » — autoritarisme et dérive
Avec le maire sortant, la gouvernance n’est pas une méthode, c’est un régime. Trente ans de pouvoir sans partage ont produit ce qu’ils produisent toujours : la verticalité, la confusion entre la ville et l’homme, entre l’institution et l’ego.
Ici, tout part du sommet. Les projets ne naissent pas du débat, ils descendent du bureau du maire. Le conseil municipal n’est pas un lieu de délibération, c’est une chambre d’enregistrement. On peut parler, parfois. Décider, jamais.
La mécanique est immuable :
J’ai une idée. J’impose. J’annonce. J’exécute. Puis j’ai une autre idée. J’enterre la première. Et quand ça coince, j’emprunte.
Ce n’est pas de la gouvernance, c’est de l’occupation du pouvoir.
Et ce type de fonctionnement n’est jamais neutre politiquement. Quand le pouvoir se personnalise, il se raidit. Quand il se raidit, il cherche des appuis idéologiques qui lui ressemblent : simples, durs, sans contre-pouvoirs. Le glissement vers la droite dure, puis vers l’extrême droite, n’est donc pas un accident. C’est une conséquence logique.
Les cultures politiques autoritaires aiment les chefs forts, les décisions verticales, les oppositions faibles. Et inversement, les chefs qui gouvernent seuls finissent toujours par s’entourer d’idéologies qui justifient cette solitude au sommet.
Les exemples locaux ne manquent pas : projets surgis sans débat, ficelés en amont, validés en aval. La plaine des jeux et des sports en est l’illustration parfaite : un rêve personnel devenu projet municipal, puis facture collective. Le fantasme du chef transformé en politique publique.
En plus de trente ans, combien de fois les conseillers ont-ils voté contre un projet du maire ? Une fois, dit-on. Lors d'un autre conseil exceptionnellement, il leur a “accordé” le droit de s’exprimer librement. Dans une démocratie, on n’accorde pas la parole. On l’organise. Ici, on la distribue.
Quant aux colistiers, ils savent parfaitement ce qu’ils cautionnent. En suivant Carayon, ils n’entrent pas dans une équipe : ils entrent dans un système de loyauté. On ne débat pas, on accompagne. On ne contredit pas, on approuve. C’est confortable. Et c’est précisément ce qui rend ce système politiquement dangereux.
Il est la droite dure, ils sont la droite dure !
« Changeons Lavaur » — l’illusion de la méthode
Ici, la gouvernance n’est pas pratiquée. Elle est imaginée. Espérée. Fantasmée.
Je connais cette méthode, je l’ai vue naître, et même enseignée il y a vingt-cinq ans. Version « Lavaur Citoyenne », cela donne : on choisit un thème, on évite soigneusement de fixer une ligne, et chacun balance son idée, même les plus absurdes, surtout les plus absurdes.
Puis vient la liturgie : post-it, tableaux, sous-groupes, photos des tableaux, envoi des photos, et, pour finir, l’apothéose : le diaporama animé. Quel cinéma.
Résultat ?
Zéro synthèse.
Zéro décision.
Zéro action.
Les post-it font la loi, puis finissent au fond d’un tiroir. Exactement comme leurs “bilans”.
D’ailleurs, ce n’est même pas leur bilan qu’ils publient, mais un “bilan croisé”. Croisé avec qui ? Mystère. Ils s’auto-valident, s’auto-congratulent, et dépassent allègrement les limites de l’honnêteté intellectuelle. Appelons ça des “contre-vérités” pour rester polis.
Pour gouverner une ville de plus de 10 000 habitants, ce format est tout simplement inadapté. On remplacerait les coups de tête par des coups d’épée dans l’eau.
L’avenir ? Des réunions interminables, des synthèses creuses, et l’immobilisme en bandoulière.
Ils ont eu six ans pour alerter, mobiliser, organiser des réunions de quartier, inventer des formats, créer du mouvement. Ils n’ont rien fait.
Se projeter avec « Changeons Lavaur » n’est pas inquiétant. C’est impossible.
« Pour Lavaur Tout Simplement » — gouverner, enfin
Ici, la méthode est simple : on analyse avant d’agir.
Audit. Étude. Prise en compte de l’existant.
Le programme est construit autour de valeurs humanistes claires.
On ne promet pas la lune.
On promet une ville mieux gérée, plus verte, plus proche, plus vivante.
Sobre. Sérieux. Crédible.
J’achète.

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