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L’immobilier vauréen

Chronique 1 — L’héritage négligé

L’immobilier vauréen est un domaine dans lequel le maire sortant couvre, en réalité, une somme impressionnante de décisions, toutes plus invraisemblables les unes que les autres.

Pour comprendre, il faut revenir au début.

1995.

Lavaur est sans doute heureuse.
Très heureuse même.
Mais endormie.

Un sommeil paisible, celui d’une cité au patrimoine historique conséquent, mais sans véritable renommée.
Une dette acceptable 40 millions de francs avec une extinction sur 8 ans, un peu en dessous de la moyenne de la strate (commune de - de 10 000 h)

Bernard Carayon arrive alors aux affaires.
Il est tarnais, mais pas vauréen.
Il a de l’allant, du dynamisme, porté par une réputation gaullienne teintée d’un soupçon lepéniste, de quoi incarner le changement face à une municipalité plutôt marquée à gauche.

Il va casser la baraque.

En réalité, il va surtout la laisser se désagréger, préférant consacrer son énergie à des actions directement liées aux réseaux du pouvoir de droite, alors solidement installé au sommet de l’État.

L’ancien hôtel de ville

Un maire responsable, ordinaire, aurait entretenu ce que l’on appelle aujourd’hui l’ancien hôtel de ville.

Le bâtiment était alors en bon état.
À en croire le maire lui-même, des réceptions y étaient encore organisées à l’étage, réunissant plus de 200 personnes.

Dès lors, rien ne justifiait le déménagement des services municipaux vers l’ancien tribunal, acquis à la faveur de la réforme judiciaire de 2010, dans ce qui fut présenté comme une opportunité politique.

Sans doute un maire attaché à la justice de proximité se serait-il battu pour conserver un tribunal.
Mais concédons que l’exercice était difficile.

Restait cependant une évidence :
les deux bâtiments appartenaient à la commune, le palais de justice depuis 1959.

Un maire vigilant dans l’usage des deniers publics aurait tout simplement réparti les services selon les besoins, assuré une maintenance régulière, programmé les mises aux normes et les réhabilitations sur des budgets pluriannuels.

Ainsi, il n’aurait pas été nécessaire, plus tard, de construire ou d’acheter de nouveaux immeubles pour loger les associations.

Le maire Carayon fit un autre choix.

Celui de laisser l’ancien hôtel de ville se dégrader.
Puis d’y installer des associations, malgré l’inadéquation manifeste des locaux avec leurs missions.

Fatalement, sans entretien, le bâtiment devint infréquentable.

Il fallut alors reloger ces associations.

Nous y reviendrons.

Mais pour cette première chronique, retenons ceci :
il est difficile de porter au crédit du maire une gestion éclairée de l’héritage immobilier reçu en 1995.

Avant même d’examiner les acquisitions ultérieures, cette première décision, ou plutôt cette absence de décision, éclaire déjà une méthode.

Mais rassurons-nous :
tout cela sera expliqué… plus tard.

Commentaires

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