Lendemain d’élections
À Lavaur, comme ailleurs, il y a ceux qui gagnent…
et ceux qui expliquent pourquoi ils n’ont pas gagné.
Commençons par le vainqueur.
Il y a Carayon.
Et puis il y a sa liste. Enfin… disons plutôt une collection de doublures soigneusement alignées derrière le maire, prêtes à approuver avec une régularité métronomique.
Le résultat est là : Carayon a gagné.
On pourra dire que c’est moins confortable qu’avant.
On pourra dire que c’est serré.
On pourra même dire que cela ressemble à un second tour sans second tour.
Mais enfin, inutile de tortiller les chiffres : il a gagné.
Les élections, du moins.
Car maintenant commence la partie délicate : les promesses.
Et les Vauréens ont de quoi faire.
Une plaine des sports, subventionnée à 70 %, évidemment.
Trois policiers municipaux supplémentaires.
L’isolation de la Halle d’Occitanie.
La végétalisation de la ville, des écoles, du Pech, du Carla… bref, la jungle municipale promise.
La zone économique des Mazasses.
Un chenil, presque gratuit, paraît-il.
La réfection immédiate des voiries (immédiate, vraiment).
Des études pour Bel Air.
Un espace couvert au Théron pour “se retrouver”.
Bref, un programme municipal qui tient à la fois du plan d’aménagement… et du catalogue de promesses électorales.
Il faudra bien, à un moment, passer de la parole au tableau Excel.
Le Débat d’Orientation Budgétaire sera l’occasion idéale : chiffrer, programmer, expliquer.
La Chambre Régionale des Comptes, elle, adore ce genre d’exercice.
Du côté de « Pour Lavaur Tout Simplement », l’aventure mérite un salut respectueux.
Venir défier un système bien installé n’était pas exactement la voie la plus confortable.
Certaines de leurs idées ont d’ailleurs connu une remarquable conversion municipale : mutuelle, sécurité, policiers, végétalisation, espaces conviviaux, chenil…
Comme quoi, les programmes circulent.
Parfois même sans citer la source.
Ils deviennent désormais la deuxième force politique de Lavaur.
Leur tâche sera simple sur le papier, moins dans la réalité : rappeler que le conseil municipal n’est pas censé fonctionner comme une assemblée d’approbation automatique.
Quant à « Changeons Lavaur », la soirée a été plus rude.
Troisième place.
Un élu en moins.
Mais tout n’est pas perdu :
Ils pourront continuer la stratégie municipale qu’ils maîtrisent le mieux : voter comme Carayon.
L’analyse proposée par leur composante écologiste relève d’ailleurs d’une remarquable créativité statistique, Carayon a fait moins qu'en 2014... Oui mais il y a eu 2020 !
Les chiffres, eux, sont moins imaginatifs.
Carayon : 648 voix de plus qu’en 2020.
Eux : 62 de plus.
Compte tenu des votes exprimés, ils ont potentiellement perdus des électeurs !
Les électeurs ont parfois un sens de l’humour discret.
Reste une question.
Lavaur aura-t-elle une opposition… ou simplement une décoration démocratique ?
La réponse arrivera vite.
Les conseils municipaux sont, en général, très instructifs.

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