La Nébuleuse Associative : Entre Illusions et Réalités
Démonstration suite du corrigé publié précédemment (Corrigé devoir : les ASSOCIATIONS !) ainsi que de la publication Toujours faire de son pire ! La dette 3)
À travers le prisme déformant de la gestion municipale, la question des subventions aux associations s'impose dans notre débat local comme un spectre, à la fois insidieux et incontournable.
À Lavaur, alors que les finances de la commune penchent dramatiquement vers la faillite, il est légitime de s’interroger sur l’opportunité de maintenir un système d’aides qui pourrait, à bien des égards, être qualifié d’hypocrite.
La réalité est amère : nous ne pouvons distribuer que ce que nous avons.
Or, que possédons nous ?
Des dettes... colossales !
Dans ce type de situation, quand un préfet prend en main la gestion financière d'une commune, il limite d’abord les subsides accordés aux associations, souvent sans préavis, laissant ces structures voler en éclats, mal préparées à une telle tempête.
À Lavaur, pour l’heure, nous avons échappé à cette épreuve, mais les conclusions d’un audit de la Chambre Régionale des Comptes plane au-dessus de nos têtes comme une épée de Damoclès.
Les stigmates des décennies de gestion douteuse se font sentir avec acuité, et même une possible annulation de l’acquisition de Bel Air ne saurait effacer les traces laissées par 30 ans de décisions calamiteuses.
Maintenir le statu quo ou, pire, adopter une politique de "toujours plus" n’est rien d'autre qu’un acte de désespoir financier.
Ces aides, qui au demeurant oscillent entre 300 et 450 K€ dont seulement 17 k€ pour le social, ne constituent qu’une infime partie de l’ensemble des coûts liés aux associations.
La question qui se pose est donc : ces subventions doivent-elles être préservées dans leur forme actuelle, ou bien repensées avec une rigueur essentielle ?
Les clichés véhiculés par certaines associations — flamboyant leur utilité sociale — méritent d'être examinés de près.
Les aides directes, en toute lucidité, ne sont pas la solution, mais un fardeau qui doit être allégé.
Elles doivent être réévaluées et redirigées vers des projets qui apporteront une véritable plus-value à la commune, elles doivent pointer avec force vers tout ce qui concerne les aides à la personne, le social doit être le fer de lance de la politique associative.
Cependant, réduire le soutien financier sans en examiner les conséquences serait une erreur.
Les associations coûtent bien plus que ces simples subventions. Tout d’abord, il y a l’utilisation de locaux mis à disposition sans aucun frais.
Cette gratuité n’est pas un don fait par la municipalité ; elle représente une partie des taxes payées par le contribuable.
En assujettissant les locations à des redevances pour couvrir les frais d’entretien, il pourrait être dégager des économies substantielles. Pourquoi devrions-nous continuer à donner nos ressources quand chaque dépense devrait être incontournable et justifiée ?
De plus, la consommation des fluides — eau, électricité — et les coûts associés aux assurances doivent être réintégrés dans le calcul des dépenses que la commune engage pour soutenir ces entités.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : pourquoi la collectivité devrait-elle supporter ces charges alors que les associations sont souvent apathiques face à leurs responsabilités financières ?
La commune ne peut continuer dans cette dynamique.
Le sujet des charges invisibles nécessite également une attention particulière.
Le bâti, avec ses exigences de normalisation et de précautions financières, doit être pris en compte. L’inaction à cet égard est tout simplement inacceptable.
Combien de temps devrons-nous subir les conséquences d’un extrême laxisme dans la gestion de notre patrimoine public avant d’exiger des comptes ?
L’état désastreux de certains bâtiments témoigne d’une négligence qui n’a que trop duré.
En parallèle, le mécanisme d’attribution des subventions suscite de plus en plus d'interrogations.
Pourquoi certaines associations bénéficient-elles de largesses inexplicables tandis que d’autres, tout aussi méritantes, se voient contraintes ?
Ce favoritisme, alimente une opacité inquiétante : où sont les critères objectifs qui justifient ces choix ?
Le surcroit de renommée - supposée et plaidée par une adjointe au maire - qu’une association pourrait conférer à notre ville ne devrait pas être une excuse pour des décisions arbitraires. Prenons par exemple le cas emblématique des Poumpettes Tarnaises, dont l’impact réel est discutable, mais qui a reçu néanmoins une subvention sur le dos des contribuables. Mécénat ou subvention
Tout cela nous plonge dans une spirale infernale où les finances sont dans le rouge, et la démocratie semble être un concept oublié. Si nous ne prenons pas avec sérieux ces défis, nous devons envisager un avenir sombre pour notre collectivité.
La conclusion de cette réflexion sur les associations est claire : nous avons besoin d’une refonte totale, d’une réflexion profonde sur leur rôle et leur financement.
À tous ceux qui aspirent à une place dans le conseil municipal lors des prochaines élections, il est impératif de poser ces questions fondamentales :
Comment comptez-vous gérer les finances ?
Quels outils mettrez-vous en place pour rétablir une démocratie participative ?
Pour les idées d'actions que vous avez quels sont les financements que vous mettrez en place ?
J'ai bien conscience que le sujet n'est pas "électoralement correct", mais que visons-nous : foncer dans le mur ou donner une chance à Lavaur de relever la tête pour mieux appréhender les défis qui seront les nôtres en 2026.
Les véritables enjeux sont là, et il est temps d’ouvrir les yeux et d’entamer le dialogue nécessaire pour construire un avenir durable pour notre communauté.
Maintenant, ouvrez grandes vos les oreilles lors les bla bla des candidats aux municipales.
Les illusions doivent céder la place à un esprit critique affûté. Le temps de l'inaction est révolu, et la réalité impose une prise de conscience urgente.
Prochain article : Mais alors comment faire, que doivent-elles faire.

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