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Bien sûr, j'irai au cinéma !

Chronique de campagne – Lavaur, son cinéma

Il faut croire que le cinéma de Lavaur n’est pas seulement un lieu où l’on projette des films.
C’est aussi devenu un décor de théâtre politique, et parfois même une cour de récréation.

Oui, j’ai critiqué, et je critique toujours avec véhémence, la façon dont ce dossier a été géré.

Il y a d’abord eu l’abandon scandaleux de l’ancienne salle, conséquence directe de l’indifférence du maire et de ses adjoints face au dysfonctionnement de la DSP. Une négligence qui n’est pas un accident, mais une méthode, et que l’on retrouve d’ailleurs dans la gestion de tout l’immobilier communal.

Dans ce cas précis, cette désinvolture a conduit à une situation absurde : on s’est retrouvé obligé de construire du neuf, en se pliant aux impératifs d’un lobby, malgré l’existence d’une étude pour le réemploi de l’ancien cinéma.

Résultat : cinq millions d’euros “investis”. Dont 70 % directement à la charge du contribuable vauréen. Le reste ? Des subventions du département et de la région, c’est-à-dire, là encore, de l’argent public. Autrement dit, on a surtout investi nos impôts.

Et c’est là que la campagne s’invite dans le scénario !

Carayon fait remarquer à Navellou, tête de liste de « Changeons Lavaur », qu’il va au cinéma alors qu’il l’a critiqué.
Alerte générale.
Je prends les Vauréens à témoin de la profondeur abyssale de l’argument.

Navellou répond. Il explique qu’il n’a jamais critiqué cet investissement. Jamais.
En revanche, il invite les Vauréens à bien remplir le cinéma, faute de quoi ils risquent de le payer cher, au vu des clauses du contrat.

Nous voilà donc dans une empoignade de cour de primaire :
-  “Tu critiques et tu y vas quand même !”
-  “Non, j’ai jamais critiqué, mais attention, si vous n’y allez pas assez, ça va coûter cher !”

Traduction politique : « Changeons Lavaur » ne critique pas le cinéma, ni les défaillances qui ont conduit à sa construction, mais seulement les termes de la DSP. On chipote sur le contrat, on évite soigneusement le fond, et on fait semblant de confondre usage et approbation.

Ces échanges sont pitoyables. Et surtout indignes de ce qui se joue réellement : l’avenir de Lavaur après trente ans de pouvoir sans partage et six ans d’une opposition pour le moins… décorative.

Mais qu’on se rassure : oui, j’irai au cinéma. J’allais à l’ancien, j’irai au nouveau.
Pas pour “amortir” ma taxe foncière.
Pas pour sauver une ligne de contrat.
Mais par plaisir. Pour faire vivre la commune. Pour y croiser des amis, des connaissances, pour y partager autre chose que des débats de bac à sable.

Le cinéma, c’est fait pour voir des films.
La politique locale, visiblement, sert encore trop souvent à en jouer de mauvais !

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