Les derniers tracts
Je vous disais récemment que, du côté de « Changeons Lavaur », les masques tombaient.
Je ne pensais pas qu’ils tomberaient si vite… ni si complètement.
Le tract diffusé ces jours-ci a au moins un mérite : il éclaire assez bien leur manière de faire de la politique.
La politique des parrainages
Le document se félicite des soutiens obtenus : Fita, Hamon, Glucksmann. Il faudra désormais y ajouter Bangi et Arrighi.
La question vient assez naturellement :
une liste municipale qui se veut l’expression des Vauréens a-t-elle vraiment besoin de convoquer autant de figures nationales pour exister ?
À lire ce tract, on pourrait presque croire que le principal argument du programme tient dans une sorte de catalogue de soutiens politiques.
Pour une campagne locale, c’est un choix… disons révélateur.
Un programme… mais sans financement
Le tract explique que leur programme serait le fruit d’échanges avec les habitants, les associations et les acteurs économiques.
Fort bien.
Mais lorsque vient le moment de parler chiffres, la précision devient soudain plus relative.
Le programme est annoncé à 25 millions d’euros sur sept ans, soit environ 3,5 millions par an.
En revanche, sur un point pourtant essentiel, le financement, le document reste d’une discrétion remarquable. La taxe foncière reste une option crédible...
Sur ce point, la ressemblance avec la majorité actuelle est presque troublante :
annoncer des dépenses est toujours plus simple que d’expliquer comment on les finance.
Une carte… et beaucoup de gommettes
Le tract propose également une carte de la ville couverte de petites gommettes jaunes censées localiser les investissements futurs.
L’exercice est graphiquement réussi.
Mais ces projets ne sont ni chiffrés individuellement, ni priorisés, ni programmés dans le temps.
Autrement dit, la carte ressemble davantage à une liste de souhaits qu’à un véritable plan d’investissement.
Or gouverner une ville, ce n’est pas coller des gommettes sur une carte.
C’est arbitrer, planifier… et choisir.
Une équipe… très sélective
Le tract présente une liste de 33 colistiers.
Mais à la lecture du document, on comprend vite que la crédibilité de cette équipe repose surtout sur… trois personnes.
Le premier d’entre eux, Régis Navellou, est présenté comme ayant acquis, durant ses six années de mandat de conseiller municipal, « des compétences importantes pour le rôle de maire ».
Les faits sont plus sobres :
durant cette période, 95 % de ses votes ont été conformes à ceux du maire.
On peut difficilement considérer que cette statistique illustre une grande indépendance politique.
Quant aux formations ou expériences précises qui attesteraient de ces compétences, elles restent curieusement absentes du document.
Je l’écris comme je le pense : diriger une ville exige des compétences solides en finances publiques, en gouvernance et en management.
Or, à ce stade, le tract tient davantage de la profession de foi que de la démonstration.
Les deux autres figures mises en avant, Albouy-Pomponne et David, sont quant à elles créditées d’avoir noué des relations de confiance avec les élus des communes voisines.
Très bien.
Mais la question reste entière :
si une liste compte 33 candidats, pourquoi le tract repose sur trois d’entre eux ?
Une équipe municipale est censée être… une équipe.
Ici, on dirait plutôt une affiche avec trois visages et trente silhouettes en arrière-plan.
Le moment GAT TO
Terminons avec un petit détour par un billet publié par GAT TO.... Et ce n'est pas de la tarte !
Sa lecture demande un certain sens de l’équilibre.
On y apprend que Carayon et Joseph seraient « des tartuffes » parce qu’ils se revendiqueraient « sans étiquette ».
Petit détail oublié dans l’argumentaire :
lors des municipales, c’est le préfet qui classe administrativement les listes selon leur orientation politique probable.
Ce classement ne dépend donc ni d’un slogan de campagne ni d’un post Facebook.
Mme Joseph, pour sa part, n’a jamais caché avoir une sensibilité politique, rose il semble me souvenir.
Elle a soutenu Jean Terlier, comme l’ont fait Lavaur Citoyenne, LFI ou encore le PCF à l’époque, dans un contexte où l’alternative était simple : Terlier ou Carayon.
Elle a aussi accueilli Emmanuel Macron en 2022.
C’est tout simplement ce que fait une conseillère départementale lorsque le Président de la République se déplace sur son territoire. On est bien élevé ou pas !
Mais les mémoires sont parfois sélectives.
On oublie par exemple que Mme Albouy-Pomponne fut référente locale d’En Marche en 2019.
Quant à Bernard Carayon, les choses sont au moins claires : il est UDR, et sa liste s’inscrit dans cette alliance, classé DVD par le Préfet...
Comme il l’a lui-même expliqué :
« On ne rompt pas un pacte d’amitié et d’alliance politique institutionnelle. »
Au moins, sur ce point, personne ne peut dire qu’il avance masqué.
Vivement le prochain tract de "Changeons Lavaur", rien de tel pour égayer une journée pourtant déjà bien ensoleillée !

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