Le froid tue.
La faim tue.
La canicule tue aussi.
Et pourtant...
Lorsque les températures chutent, les caméras s'intéressent quelques jours aux plus fragiles. On parle de plans hivernaux, de maraudes, d'hébergement d'urgence.
Puis vient l'été.
La chaleur écrase les rues. Les regards se détournent. Les souffrances deviennent silencieuses.
Pourtant, vivre dehors sous 40 degrés n'est pas moins dangereux que dormir dehors par une nuit glaciale.
Il suffit de quelques jours pour qu'une santé déjà fragile bascule.
Et, pendant ce temps, la vie politique continue son cours.
Les inaugurations succèdent aux inaugurations.
Les candidatures occupent les colonnes des journaux.
Les communiqués triomphants sur les subventions reviennent encore et encore. Une élection se profile, un média rappelle les subventions...
Pendant ce temps, d'autres comptent les heures avant la prochaine distribution alimentaire, cherchent un peu d'ombre, un verre d'eau, un regard.
Quelle place leur faisons-nous ?
La commune consacre des dizaines de milliers d'euros à des activités qui participent naturellement à la vie locale.
Comité des fêtes : 28 000 €
Personnel communal : 17 000 €
Rugby : 25 000 €
Football : 26 000 €
Basket : 15 000 €
Et, pour deux associations qui sont souvent le dernier rempart contre la détresse humaine :
Croix-Rouge et Restos du Cœur : 950 €.
Ce n'est pas le mérite des uns qui est en cause.
C'est l'ordre de nos priorités.
Une ville se juge aussi à la manière dont elle regarde ceux qui n'ont plus rien.
Et aujourd'hui, j'ai le sentiment que nous regardons ailleurs.

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