Qui ramassera les morceaux ?
Qui ramassera les morceaux...
Mais de quels morceaux s'agit-il,
soyons précis et tentons l’exhaustivité.
Je propose d'examiner donc ces morceaux contenus dans les cartons qui seront sur le bureau du potentiel nouveau maire !
Carton n°1/6 : La démocratie oubliée
Le futur maire trouvera sur son bureau plusieurs cartons.
Le premier est sans doute le plus volumineux.
Il ne contient ni béton, ni emprunts, ni bâtiments.
Il contient tout ce qui permet à une démocratie locale de fonctionner normalement :
la transparence, la communication, le respect de la loi et des citoyens.
Pendant trente ans, ce carton est resté fermé.
Le citoyen est progressivement devenu un simple spectateur.
Les décisions sont descendues de la mairie.
Les explications, elles, sont rarement remontées.
Le rapport d'orientation budgétaire en est une parfaite illustration.
Aucune véritable prospective.
Pas de programmation pluriannuelle des investissements digne de ce nom.
Une vision largement fondée sur les choix du maire plutôt que sur une planification débattue.
La Chambre régionale des comptes avait déjà relevé cette manière très personnelle de conduire les investissements.
Le résultat est connu.
Une gestion au coup par coup.
Des arbitrages permanents.
Et, souvent, des corrections budgétaires en fin d'exercice.
Dans ce carton, le futur maire trouvera également un autre dossier.
Celui de la communication publique.
Le site internet de la commune est devenu au fil des années un véritable labyrinthe.
Des actes classés dans des rubriques différentes selon les périodes.
Des dizaines de liens inactifs.
Un moteur de recherche peu efficace.
Des intitulés qui compliquent la recherche plutôt qu'ils ne l'éclairent.
Une publication légale qui remplit parfois l'obligation... sans toujours permettre au citoyen de retrouver facilement l'information.
Et, trop souvent encore, l'obligation de saisir la CADA pour obtenir des documents administratifs qui auraient dû être accessibles sans difficulté.
Ce carton est lourd.
Très lourd.
Pourtant...
C'est probablement le plus facile à vider.
Il ne demande ni plusieurs millions d'euros.
Ni un emprunt supplémentaire.
Il exige simplement une autre culture administrative.
Une charte de transparence.
Des procédures claires.
Un site internet pensé pour les citoyens avant de l'être pour l'administration.
Un management qui considère que l'information appartient d'abord au public.
Car c'est peut-être là que commence la reconstruction.
Avant de réparer les bâtiments.
Avant de redresser les finances.
Il faudra d'abord réparer la confiance.

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