Le copier-coller a encore frappé !
Je viens de parcourir rapidement quelques documents liés au marché de services pour la souscription des contrats d’assurance de la mairie de Lavaur, organisé en quatre lots : risques automobiles, dommages aux biens, responsabilités, protection juridique et protection fonctionnelle.
Et je dois reconnaître que j'ai été agréablement surpris.
Pas par la qualité des documents.
Par leur fidélité à ceux de la précédente consultation !
Deux pièces ont particulièrement retenu mon attention.
Premier chef-d'œuvre : l'organigramme.
Le même que lors de la précédente consultation.
Sauf qu'entre-temps, il y a eu une élection municipale, des changements dans l'équipe municipale et, notamment, un changement de premier adjoint.
Qu'importe !
Le copier-coller, lui, n'a pas changé.
On pourrait presque y voir une conception très particulière de la stabilité administrative.
Mais une question me vient tout de même à l'esprit :
qui relit ces documents avant leur publication ?
Qui vérifie que les informations qu'ils contiennent sont toujours exactes ?
Le service concerné ?
La commande publique ?
La direction générale ?
Le maire qui signe ?
Ou bien avons-nous simplement décidé que, puisque le document avait été bon une fois, il pouvait rester bon pour l'éternité ?
Deuxième curiosité : l'état du patrimoine communal.
Et là, le voyage dans le temps devient franchement savoureux.
On découvre entre autre que Bel Air appartient à la commune tout en n'étant pas occupé par elle.
On découvre également que l'ancien hôtel de ville figure encore parmi les biens assurés par la commune, alors qu'il a été vendu.
Voilà qui donne une nouvelle définition au patrimoine :
un bien peut avoir quitté la commune tout en continuant à vivre dans ses documents administratifs.
C'est pratique.
Moins pour une pièce qui sert de base à un marché d'assurance.
Car nous ne parlons pas ici d'un vieux document oublié dans un tiroir.
Nous parlons de pièces intégrées à une procédure de commande publique en cours.
Elles servent à définir ce que la collectivité demande aux assureurs de garantir.
Alors oui, il peut toujours y avoir une explication technique à ces mentions.
Et c'est précisément pour cela qu'elles méritent d'être vérifiées.
Mais lorsque deux consultations successives reproduisent des informations qui semblent manifestement ne plus être à jour, la vraie question n'est pas de savoir qui a fait le copier-coller.
La vraie question est :
Qui a fait le contrôle ?
Parce que le copier-coller n'est pas un problème lorsqu'il est relu, actualisé et validé.
Il devient un problème lorsqu'il remplace le travail de vérification.
Et dans une collectivité, ce travail n'est pas accessoire.
Un document administratif n'est pas une décoration.
Il engage la collectivité, il informe les candidats et il participe à la sécurité juridique de la procédure.
Alors, monsieur le maire, puisque la procédure n'est pas encore arrivée à son terme, vous avez peut-être encore le temps de faire procéder aux vérifications nécessaires.
Considérez donc cette chronique comme une modeste contribution citoyenne.
Un service après-vente gratuit, en quelque sorte.
Il serait dommage que la commune doive payer une assurance pour couvrir des biens qu'elle ne possède plus, simplement parce que personne n'a pensé à relire le document.
Pardonnez le titre !
Dilettantisme et amateurisme !
Parce qu'à force de copier-coller le passé, on finit parfois par administrer une ville qui n'existe plus.

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