Le moment est venu de remettre quelques pendules à l’heure. Et ce n’est pas le Jacquemart qui me contredira.
À Lavaur, notamment, utiliser l’intelligence artificielle serait devenu presque infamant.
Comme si préciser qu’un texte ou une illustration a été travaillé avec l’IA suffisait à le dévaloriser.
Curieuse époque.
Car enfin, l’IA n’est qu’un outil.
Elle peut aider à chercher, confronter, structurer, vérifier, reformuler, mettre en évidence les contradictions et parfois éviter de raconter n’importe quoi.
Je l'utilise... mais elle ne pense pas à ma place.
Je collabore avec l’IA, je ne lui délègue pas ma pensée.
Et puisqu'il faut parler d'IA, parlons-en franchement.
J’ai encore en mémoire la fière déclaration d’une représentante de « Changeons Lavaur » : son discours était, nous disait-elle à la veille de sa défaite, « garanti sans IA ».
Très bien.
Mais la question intéressante serait peut-être : garanti avec quoi ?
Avec de l’intelligence naturelle ?
Avec de la réflexion ?
Avec une vérification rigoureuse des faits ?
Ou simplement avec cette vieille IA : l’Imbécillité Authentique ?
Parce que celle-là, contrairement à l’intelligence artificielle, ne nécessite ni ordinateur, ni abonnement, ni formation.
Et elle peut produire des résultats redoutables.
On l’a encore vu récemment avec la question de la canicule et des écoles : beaucoup de bruit, beaucoup de communication, une pétition, des effets d’annonce… et finalement quelques fleurs peintes sur une rue.
Il fallait paraît-il « faire bouger les lignes ».
Les lignes ont bougé. Les fleurs aussi.
Pendant ce temps, les écoles restent confrontées à la chaleur.
Alors oui, j’utilise l’intelligence artificielle.
Je l’utilise pour confronter mes idées, tester mes raisonnements, chercher les failles d’un argument, améliorer un texte, explorer des pistes et, surtout, ne pas prendre mes propres certitudes pour des vérités.
Il y a collaboration, pas délégation.
C’est précisément cela qui devrait être considéré comme une démarche sérieuse.
Et lorsqu’une IA me contredit, je peux encore lui répondre.
Lorsqu’un humain me contredit, je peux également discuter.
Mais lorsque personne ne vérifie rien, que personne ne confronte les faits et que l’on préfère le slogan à la réflexion, il n’y a plus besoin d’intelligence artificielle pour fabriquer des erreurs.
L’Imbécillité Authentique s’en charge très bien toute seule.
Alors, entre IA et IA, mon choix est fait.
Je préfère une intelligence artificielle que je contrôle
à une imbécillité authentique que personne ne contrôle.
Et surtout, je préfère penser avec l’IA que ne plus penser du tout.

Commentaires
Enregistrer un commentaire