Quand la ville peint des fleurs pendant que les écoles suffoquent…
Si le ridicule tuait, le conseil municipal serait en deuil.
Il fallait oser.
En pleine canicule, alors que les températures rendent toujours plus préoccupante la situation des enfants dans des écoles surchauffées, la Ville nous offre… des fleurs peintes sur la chaussée.
Deux élues, pinceaux à la main, viennent ainsi nous expliquer, à leur manière, que la municipalité agit pour rendre la ville plus agréable.
Formidable.
Pendant ce temps, les parents d'élèves demandent des solutions concrètes pour que les enfants puissent supporter la chaleur dans les classes.
Et que répond-on ?
« On réfléchit. »
Voilà donc la grande politique municipale d'adaptation au changement climatique :
on réfléchit pour les écoles et on dessine dans les rues.
Après le refus ou le report des véritables aménagements végétalisés, des « cours oasis » et autres dispositifs permettant réellement de lutter contre les îlots de chaleur, voici venu le temps de la peinture décorative.
Il fallait bien répondre à la canicule.
On a sorti les pinceaux.
Le problème, c'est que la température ne baisse pas avec un coup de peinture.
Et les fleurs dessinées sur le bitume ne feront pas davantage d'ombre aux enfants, aux personnes âgées ou aux habitants confrontés aux épisodes de chaleur qui deviennent plus fréquents et plus intenses.
Ce qui pourrait prêter à sourire serait anecdotique si cela ne révélait pas quelque chose de beaucoup plus sérieux : une municipalité qui semble confondre action et communication.
Je ne reproche évidemment pas à deux élues de peindre des fleurs.
Je leur reproche, et c'est très différent, de donner l'impression que la mise en scène tient lieu de politique publique.
Quand des parents demandent des arbres, de l'ombre, de la végétalisation, des aménagements adaptés aux nouvelles conditions climatiques, leur répondre par des fleurs peintes relève au mieux de la provocation, au pire du mépris.
Une fleur dessinée ne protège personne du soleil.
Alors, puisqu'il semble que la peinture soit devenue un outil majeur de politique publique à Lavaur, je propose d'aller jusqu'au bout de la logique.
Quelques billets de 500 € dessinés devant l'hôtel de ville pourraient peut-être suffire à réduire la dette.
Et pourquoi pas quelques climatiseurs peints sur les murs des écoles ?
Après tout, à Lavaur, quand on ne peut pas régler les problèmes… il reste toujours les pinceaux.

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