En ce dimanche de premier tour des élections sénatoriales, il me paraît utile de revenir sur un épisode qui a marqué cette campagne.
Le 14 août dernier, Bernard Carayon, maire de Lavaur et candidat aux sénatoriales, adressait à Bernard Cottaz-Cordier, suppléant de la candidate LFI Pauline Mercier, ce message :
« Quelle souillure, je vous plains. »
Le message faisait référence au passé, pendant l’Occupation, d’un membre de la famille de son interlocuteur. Bernard Carayon a depuis assumé ces propos, tout en précisant que Bernard Cottaz-Cordier n’était évidemment pas responsable des actes de ce parent.
Voilà les faits.
Aujourd’hui, les conseillers municipaux appelés à voter pour le Sénat ont donc aussi une question à se poser :
quelle conception du débat démocratique souhaitent-ils voir représentée au Sénat ?
Peut-on considérer que la vie politique autorise à interpeller un candidat sur les actes d’un membre de sa famille, mort depuis plusieurs décennies ?
Peut-on considérer que les mots « souillure » et « je vous plains » ont leur place dans un échange entre responsables politiques ?
Chacun est naturellement libre de répondre à ces questions selon ses convictions.
Mais le vote sénatorial n’est pas seulement un choix entre des noms et des bulletins. Il engage aussi, pour ceux qui choisissent un candidat, une certaine conception de la fonction qu’ils contribuent à lui confier.
C’est pourquoi cet épisode ne devrait pas être oublié au moment de déposer le bulletin.
Il appartient désormais à chaque grand électeur de déterminer ce qu’il accepte, ou n’accepte pas, de voir porté par celui qu’il choisira pour représenter le Tarn au Sénat.
Les bulletins seront secrets.
La responsabilité de chacun, elle, ne l’est pas.

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