La page Facebook de la Ville nous annonce fièrement le suivi du chantier de l’IRM par le premier adjoint, avec un titre qui respire la modestie : « PROMESSE TENUE » !
Ah ! Enfin ! On respire ! Les trompettes peuvent sonner, les confettis tomber et les discours être réimprimés !
Mais, au fait, que vient donc faire M. Lambillotte sur ce chantier ?
La communication municipale nous précise qu’il est « premier adjoint délégué aux travaux, à la voirie, à l’environnement et au personnel communal ».
Très bien. Mais l’IRM relève-t-il pour autant de la responsabilité de la commune ?
Visiter un chantier, c’est une chose. En assurer le suivi technique, c’en est une autre !
Un élu peut naturellement se rendre sur place, s’informer et constater l’avancement des travaux avec l'autorisation du responsable du chantier.
Mais à quel titre intervient-il exactement ?
Qui assure la maîtrise d’ouvrage ? Qui dirige les travaux ?
Et quel est le rôle précis de la Ville dans cette opération ?
Autant de petites questions qui risquent de troubler la sérénité d’une belle photo de chantier !
Et maintenant, remontons le temps…
2018 : Lancement des études;
2020 : l’IRM figure déjà parmi les promesses de campagne du maire.
2022 : on nous annonce encore une installation dans « dix-huit mois », après quatre années de démarche
Aujourd’hui : nous avons droit à « promesse tenue »… tandis que la mise en service, annoncée pour la fin de l’année, serait désormais reportée à fin janvier 2027.
À ce rythme, ce n’est plus une promesse : c’est une série à épisodes, avec une date de sortie régulièrement repoussée !
MAIS QUI A PROMIS QUOI ?
Car enfin, un maire peut-il promettre seul une installation qui dépend aussi de décisions et d’autorisations relevant d’autres acteurs, notamment de l’ARS et de l’hôpital ?
Rappelons que l’abandon du nouvel EHPAD a également modifié la donne, alors que ce projet avait lui aussi fait l’objet de promesses.
Les décisions de l’ARS ne se prennent pas à l’hôtel de ville, pas plus que les décisions hospitalières ne se prennent au détour d’une visite de chantier.
Promettre, communiquer, inaugurer : trois verbes qui ne signifient pas la même chose.
Et surtout, annoncer une échéance n’est pas la garantir.
LE PREMIER ADJOINT PASSE-T-IL UN EXAMEN DE COMMUNICATION ?
Voilà donc M. Lambillotte envoyé sur le terrain, fleur au fusil, pour porter la bonne parole municipale.
Un galop d’essai ? Peut-être. Mais, pour l’instant, la communication paraît courir plus vite que le calendrier !
Le plus savoureux reste cette formule : « Promesse tenue ».
Tenue comment ? Par qui ? À quelle date ? Et avec quel pouvoir de décision de la commune ?
Il faudrait peut-être inventer une nouvelle unité de mesure municipale : le promessomètre, capable de mesurer l’écart entre l’annonce initiale et la réalisation effective !
ET LES VAURÉENS DANS TOUT ÇA ?
On finit par entendre cette petite phrase, résignée : « Bof, avec Carayon, on a l’habitude… »
Justement !
Depuis quand l’habitude de voir les échéances glisser devrait-elle dispenser de demander des comptes ?
Une nouvelle majorité, une nouvelle communication, mais faut-il déjà se préparer à retrouver les mêmes méthodes : des annonces généreuses, des responsabilités difficiles à cerner et des calendriers qui s’étirent ?
La démocratie locale mérite mieux que des promesses perpétuellement présentées comme des réussites.
Un chantier qui avance, c’est une bonne nouvelle. Une promesse tenue, c’est autre chose. Et une belle photo ne fait ni une compétence, ni un bilan.

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